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Ighil Ali (Béjaïa)



Ighil Ali (Béjaïa)
S'agissant de l'eau, des villages isolés comme Ouled Serradj, Tazla, Belaâyel, Ath Sellam, ou encore El Kalaa où repose El Mokrani, abritent des populations qui n'ont jamais connu les joies d'une distribution régulière et suffisante.Juchée à plus de 800 mètres d'altitude sur les montagnes surplombant la rive sud de Oued Soummam, la daïra d'Ighil Ali, qui partage des frontières avec la wilaya de Bordj Bou Aréridj et distante de presque 100 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Béjaïa n'a, aujourd'hui, presque rien de plus à offrir à ses habitants que son air pur, son calme et une richesse historique dont elle est fière.Elle compte deux grandes communes, Ighil Ali (chef-lieu) et Ait R'zine. Avec 13 villages et plus de 10 000 habitants aux besoins sans cesse grandissants, la commune chef-lieu nécessite plus de moyens que la «modique» somme de 4,5 milliards de centimes actuelle qui lui est destinée annuellement comme subventions, entre PCD (Projets communal de développement) et budget de wilaya. Il va de même pour Ait R'zine qui est une commune tout aussi nécessiteuse.«Notre daïra n'a de daïra que le nom ; l'Etat l'avait classée daïra déshéritée au milieu des années 1980 et nous nous demandons jusqu'à quand le restera-t-elle», se plaint Ahmed Nait Zenad, vice-président à l'APC d'Ighil Ali. Celui-ci, outre de déplorer la dépendance aux seules subventions de l'Etat, trouve extrêmement «pénalisants» pour les citoyens les blocages et retards causés par le nombre réduit de contrôleurs financiers dont dépend chaque opération.Chaque année, l'APC est forcée de se livrer à de véritables comptes d'apothicaires pour répartir tant bien que mal les maigres subventions étatiques sur l'ensemble des villages et le chef-lieu. «Six mois de salaire pour les employés de la commune, quelques bricolages sur les conduites d'eau potable et celles d'assainissement et évacuation des déchets ménagers, l'électrification, voilà à quoi suffisent en gros les subventions ; nous sommes contraints de procéder par priorités. Les subventions sont à revoir !», relève Nait Zenad. Tous les autres volets comme le bitumage des routes des villages, la viabilisation des habitations FONAL, l'assainissement, etc. sont tout simplement foulés aux pieds, a-t-on constaté.Grand trouIl faut souligner que même la prise en charge de priorités est souvent compromise. Les querelles entre citoyens et régions sur la distribution de l'eau puisée de l'Oued Soummam sont toujours légion et l'évacuation des ordures ménagères nécessite un déplacement hors wilaya. Ce qui fait un grand trou dans le budget de l'APC. S'agissant de l'eau, des villages isolés comme Ouled Serradj, Tazla, Belaâyel, Ath Sellam, ou encore El Kalaa où repose El Mokrani, abritent des populations qui n'ont jamais connu les joies d'une distribution régulière et suffisante. «Je fais souvent appel aux colporteurs d'eau pour m'approvisionner en eau, surtout durant l'été, les robinets étant parfois à sec pendant des semaines», révèle un quinquagénaire habitant Aith Serradj.Les villages que l'on considère comme étant les «mieux lotis» du fait de leur proximité du chef-lieu et des routes, à l'instar de Takorabt et Aith Saci, n'en sont pas mieux servis en eau potable, puisque le problème se situe à la source d'alimentation et dans la vétusté des conduites d'approvisionnement. «Les cassures sont fréquentes, sans compter les fuites visibles dans plusieurs endroits. Cela résulte bien entendu de la vétusté du réseau AEP, jamais changé depuis son installation, il y a des dizaines d'années», témoigne encore Nait Zenad qui informe par ailleurs qu'une étude (70% d'état d'avancement) est en cours pour un projet d'approvisionnement depuis le barrage Tichi Haf dont vient de bénéficier la région.Pour revenir au casse-tête des ordures ménagères, l'APC ne dispose pas d'un CET (Centre d'enfouissement technique) sur le territoire de la commune et se trouve ainsi contrainte à des navettes hors de la wilaya nécessitant véhicules, personnel et argent. Pour y remédier, l'APC a fait plusieurs propositions d'acquisition de terrain lesquelles ont toutes rencontré des oppositions citoyennes, selon Belarbi Ahmed, un autre vice-président de la commune d'Ighil Ali. Une lettre a été adressée au wali, ajoute-t-il, pour créer une commission qui se chargera de la question. En attendant, les répercussions de cette défaillance sont déjà visibles.L'apparition de décharges anarchiques dans des endroits autrefois réputés pour leur propreté irréprochable, à l'exemple des villages, se fait de plus en plus pesante. Ou encore au c?ur du chef-lieu, juste à proximité de l'arrêt de bus et du marché hebdomadaire, où ce n'est pas un jet d'eau ou des arbres ornementaux qui viennent «embellir» l'endroit, mais un dépotoir nauséabond à ciel ouvert, avons-nous constaté.Point mortA côté de cet endroit, se trouve la maison de jeunes. A l'intérieur, une salle d'informatique transformée en cybercafé et le bureau de Fouad, un jeune de 29 ans qui y exerce comme agent de la DJS et, par ailleurs, membre de l'association locale pour la Promotion de l'artiste. La structure est au point mort. Toute activité est suspendue faute de directeur et de subventions. Selon Fouad, le dernier responsable nommé au poste de directeur est au c?ur d'un contentieux judiciaire et la DJS n'en a pas encore nommé un autre.Le cybercafé et le café maure loués par des particuliers sont cependant les seuls refuges pour les jeunes, car lucratifs. «Nombreux sont les jeunes qui sont pénalisés par ce blocage ; ils ne trouvent plus d'espace pour se rencontrer autour d'activités culturelles qu'on ne pourra malheureusement relancer qu'après la nomination d'un directeur», se désole Fouad. Désertée, la structure tombe en ruine. Elle n'est cependant pas la seule à tourner au ralenti.Le centre de soins de proximité sis à quelques pattés de maison de là n'est pas non plus au meilleur de sa forme. «Nous faisons le maximum», dit le docteur Louechdi, médecin généraliste.Rénovée récemment, la structure ne dispose pourtant que de quatre médecins qui se relayent de jour comme de nuit pour assurer les soins et les urgences et qui, en plus, font souvent face «aux excès de zèle» de quelques citoyens, selon le Dr. Louechdi qui déplore un manque de spécialistes et de produits médicaux pour répondre à la demande du citoyen, comme les vaccins, au niveau de ce centre très fréquenté.D'autres manques comme le service radiologie (en panne), celui de la pédiatrie et un laboratoire font que cette structure fonctionne à moitié, au grand désarroi des patients qui sont astreints au déplacement vers la ville d'Akbou, vingt kilomètres plus loin, pour se soigner. «On vient de me dire pour la quatrième fois que le service radiologie est à l'arrêt ; je dois donc aller consulter chez les privés et débourser une somme au dessus de mes moyens, c'est vraiment dommage», dira une femme rencontrée sur les lieux.


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