Les délais ont été suffisantsC’est en sa qualité de SG de l’instance exécutive du parti FLN, que Abdelaziz Belkhadem a déclaré, à Béjaïa où se tenait l’université d’été du FLN, que le président de la République a la prérogative de proroger les délais d’application de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Une des dispositions du texte approuvé par référendum le 29 septembre passé, prévoit effectivement la possibilité de repousser les délais impartis aux terroristes pour qu’ils puissent bénéficier de l’extinction des poursuites.
Cette prorogation, qui semblait être attendue, avait poussé l’Ex-premier ministre, Mouloud Hamrouche, à critiquer depuis Boumerdès l’incapacité du système à «sortir de la sphère de l’échec», tant «il reconduit les mêmes procédés avec les mêmes moyens.» Il s’était montré sceptique quant à la portée de la Charte pour marquer un renouveau de la vie politique du pays. A l’inverse de l’Ex-premier ministre, Yazid Zerhouni estimait, à l´occasion de la commémoration de la Journée du Moudjahid, que 250 à 300 terroristes s’étaient rendus, une évaluation jugée positive par le ministre de l’Intérieur. Quelles qu’elles soient, les appréciations de la situation restent subjectives et le nombre des redditions ne constitue pas un baromètre important, en l’absence de statistiques fiables concernant le nombre exact des terroristes qui tardent à se rendre. Car en dépit des déclarations de la direction du Gspc qui avait décidé, dès le 28 septembre 2005, de tourner le dos à l’offre de paix proposée par Bouteflika, des dizaines de redditions d’islamistes avaient été opérées. Durant le mois de juin passé, certaines sources avaient parlé de 105 repentis. Pourquoi alors assiste-t-on à un regain de violence qui, sans être d’envergure, a quand même poussé à certaines questions? Et aucun des gros bras de la mouvance islamiste vivant à l’étranger, n’est rentré en Algérie.
Le nombre de terroristes en activité est une donnée fluctuante car liée à une conjoncture précise. Un blocage, une frustration ou une promesse non tenue peut inciter nombre de jeunes à rejoindre les maquis. Entre les assauts des services de sécurité qui laminent les groupes réfractaires et les déclarations de politiques, des opérations de charme visant à donner plus de temps de réflexion, la crédibilité de l’Etat prend un sérieux coup. Cette valse pousse les terroristes à toujours remettre à plus tard leur projet de reddition, quand ils en ont un. Les lois sur la Rahma initiée par le président Zeroual et la Concorde civile ont suffisamment prouvé que l’Etat tient ses promesses. La République n’a, donc, aucune raison de prouver ce qui est évident, en prorogeant des délais. L’expérience a montré que les terroristes sont, depuis leurs refuges, mieux informés des lois que les citoyens qui n’ont pas succombé aux chants du terrorisme.
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com