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Gestion approximative et risque de contamination omniprésent à Béjaïa



Gestion approximative et risque de contamination omniprésent à Béjaïa
Photo : Sahel
De notre correspondant à Béjaïa
Kamel Amghar

La gestion des déchets biomédicaux à risque infectieux pose toujours problème à travers la wilaya de Béjaïa. Seuls trois établissements hospitaliers (le CHU de Béjaïa, l'hôpital d'Amizour et celui d'Akbou) sur les six existants disposent d'un incinérateur fonctionnel. Dans son budget primitif de l'année 2012, la wilaya avait prévu d'en doter les trois hôpitaux restants (Kherrata, Sidi Aïch, Aokas) dès qu'on aurait réalisé des locaux adéquats à cet effet. En principe, toutes les autres structures doivent acheminer épisodiquement leurs déchets vers ces trois points pour une élimination convenable. Ce n'est malheureusement pas toujours le cas, car un tel transfert, au-delà du risque qu'il comporte en lui-même, dépend de plusieurs autres facteurs comme la disponibilité des moyens de transport adéquat, la coordination nécessaire entre les deux institutions médicales concernées et l'état de marche des installations en question. Il arrive, en effet, qu'un incinérateur tombe en panne et, alors, on procède, au mépris des règles élémentaires de sécurité, à une incinération de fortune dans des décharges publiques. Evidemment, les déchets biomédicaux comprennent tous les rebuts et autres résidus produits par des activités médicales. Ils embrassent des activités de diagnostics aussi bien que des traitements préventifs, curatifs et palliatifs dans le domaine de la médecine humaine et vétérinaire. Des dizaines de polycliniques publiques produisent aussi des tonnes de déchets qui échappent à ce circuit préventif. On pourrait en dire autant des dizaines de laboratoires et de cliniques privés qui recourent souvent à des méthodes rudimentaires pour se débarrasser de cette casse à haut risque. Idem pour les chirurgiens dentistes, les vétérinaires et d'autres praticiens qui offrent de petites prestations (soins infirmiers, incisions d'abcès, circoncisions'). Tous ces petits cabinets médicaux traitent leurs déchets d'une manière apparentée à celle qui est utilisée pour les ordures ménagères. On peut rajouter également à cette longue liste la destruction sommaire et simplifiée des médicaments périmés au niveau des officines de pharmacie. En gros, la gestion des déchets biomédicaux à Béjaïa ne répond pas, du moins pour le moment, aux exigences de la loi N°01-19 du 12 décembre 2001 relative à la gestion, au contrôle et à l'élimination des déchets, appuyée par le décret exécutif 03-477 du 09 décembre 2003 fixant les modalités et les procédures d'élaboration, de publication et de révision du plan national de gestion des déchets spéciaux. Malgré toutes les mises en garde émanant des spécialistes de ce type de questions, on a comme l'impression que les autorités locales, la direction de la santé en tête, sous-estiment beaucoup les dangers encourus pour la santé publique et l'environnement.


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