
Finalement, il n'y avait pas que du bonheur dans la vie de cet Algérien heureux qui a écrit ses chroniques et qui est venu la semaine écoulée à Bejaia, sa région d'origine, invité par le collectif culturel « Le café littéraire », pour partager cette expérience avec une audience, jeunes pour la plupart, qui est venue indulgemment à sa découverte dans la petite salle du Théâtre régional de Bejaia. Sa conférence, souvent émaillée d'humour, n'avait rien d'académique. Décousue, comme il reconnaîtra sans peine, « comme mon livre », dira-t-il, son propos était de raconter ses péripéties, ses convictions et livrer sa pensée sans fioritures sur une pelletée de thèmes qui l'ont interpellé, de pratiques qui l'ont rebuté et de personnages qu'il a appréciés ou pas. Une façon comme une autre de piquer la curiosité et d'amener le potentiel lecteur à creuser davantage sa connaissance de Hachemi Larabi à travers cette autobiographie. Mais, comme il l'explique, son but premier avec la rédaction de ce livre était de rompre une tradition bien ancrée dans la société algérienne, de vite larguer les amarres avec ses aïeux. « Combien dans cette salle connaissent le nom de son arrière-arrière grand-père ' », défia-t-il l'auditoire. Faut dire aussi que les ancêtres des Algériens ne se racontent pas beaucoup et encore moins coucher sur le papier leurs intimes actions et pensées. Hachemi Larabi, lui, veut léguer au moins cela à sa postérité. Qu'elle sache qui il était et comment il a vécu. Heureux si l'on en croit le titre de son livre. Mais cela ne l'a pas empêché de souffrir comme le reste de ses compatriotes. D'abord de la misère coloniale, puis des brimades du système politique national au niveau identitaire, culturel, professionnel, etc. Bref, une vie, que l'on devine assez classe moyenne supérieure, mais bien loin d'avoir été aussi lisse que ne le suppose l'intitulé de son ouvrage. « En fait, j'ai toujours eu beaucoup de chance », dira-t-il pour expliquer son bonheur, comme sa rencontre fortuite avec sa future femme, cette blonde, dont chacun pourra apprécier la beauté, qui figure sur la jaquette de son livre. Que le lecteur se rassure, il ne lui a pas fait, comme son père à ses deux femmes, 20 enfants. Mais il lui a tout de même écrit un pavé de plus de 700 pages pour qu'elle découvre les réponses aux questions qu'elle a omis ou n'a pas eu le temps de lui poser. Cela laissera sans nul doute à Hachemi Larabi suffisamment de temps pour achever son prochain livre, qui invitera les Algériens à (mieux) connaître Debbih Cherif.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O M
Source : www.horizons-dz.com