Comme ses aînées, durant la guerre de Libération, la femme béjaouie s'implique activement dans le développement de la région.
Elle est femme au foyer, employée, commerçante, chef d'entreprise, élue. La femme bédjaouie est aujourd'hui de tous les combats, gagnant de plus en plus ses galons même si quelques réticences demeurent encore vivaces à son égard dans une société où le conservatisme a la peau dure.
Comme ses aînées, durant la guerre de Libération, la femme béjaouie s'implique activement dans le développement de la région. Mais elle continue à subir de plein fouet les inconséquences d'un monde masculin qui n'arrive pas à comprendre cette émergence, rendue nécessaire par l'évolution de la société. Lorsque ce n'est pas le fait religieux qui la désigne d'un doigt accusateur de tous les maux sociaux, ce sont les pratiques malsaines dans l'environnement professionnel.
Du harcèlement au viol en passant par une exploitation, le regard douteux, la femme subit sans trop crier gare. Elle résiste et redouble d'effort pour s'imposer comme élément incontournable dans la vie économique, sociale, culturelle et politique. Karima est de celles qui ont fait de leur vie un partage entre le foyer et sa profession d'enseignante. «Ce n'est pas toujours facile de concilier mon rôle de mère et celui de la profession, mais lorsqu'on veut, on peut», nous dit-elle très optimiste. Pour elle, le 8 mars, n'est qu'une halte nécessaire pour faire le point.
Le combat féminin est quotidien. Il est omniprésent et l'accompagne partout. «La femme doit se battre, aussi bien dans le foyer, qu'au travail et dans la rue», explique-t-elle. Quelle que soit l'initiative du jour, la femme doit fournir un double effort, celui de se débarrasser du complexe d'infériorité pesant de par le regard d'autrui et celui de l'initiative elle-même. «Quand j'ai entrepris mon investissement dans le cadre de l'Ansej, il me fallait à chaque fois me battre contre les idées rétrogrades qui tentaient de me dissuader d'aller de lavant; une fois fait, je lutte encore pour faire aboutir mon projet face aux difficultés qui sont propres à tout investisseur qu'il soit homme ou femme», raconte Saliha qui a fini par s'installer comme éleveuse dans la région d'Akbou.
La dernière révision de la loi électorale a ouvert la voie large à la gent féminine pour s'impliquer dans la politique. Les 30% des sièges réservés aux femmes dans les différentes assemblée locales et nationales, ont changé la donne. Bien qu'inexpérimentée, la femme a fait son entrée dans la gestion des affaires publiques avec cette ferme volonté d'apporter des changements. Même s'il est encore un peu trop tôt de mesurer son poids dans la politique, il reste que les interventions dont la femme se fait auteure, autant dans les médias, qu'au sein même des assemblées, témoignent d'une réelle volonté d'épouser ce rôle. «Je ne peux pas me contenter du rôle de figurante», soutient Chafika, qui siège à l'Assemblée populaire de la commune de Béjaïa.
La présence de la femme ne se fait pas sans douleur. Les obstacles qui se dressent sur son chemin sont loin de la pousser à abandonner. Elle croit dur comme fer à sa place avec l'homme.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki SLIMANI
Source : www.lexpressiondz.com