Gestion morale des affaires de la wilaya
Encore un wali devant la justice. Il s’agit cette fois-ci du wali d’El Tarf, comme il s’était agi durant la décennie 90 du wali le plus médiatisé d’Algérie qui avait précédé ce dernier à la tête de la wilaya de Bouira. Il y a eu des walis sanctionnés par le Président, dont celui de Bejaia qui, là encore, avait précédé l’actuel wali d’El Tarf à la tête de la wilaya de Bejaia. Celui de Blida également. Ce ne sont pas tous les walis qui ont parfois évolué en marge de la loi. Fort heureusement d’ailleurs. Dans l’imagerie populaire, le wali incarne l’Etat dans la wilaya, c’est-à-dire qu’il exerce une mission de souveraineté. Alors, quand un wali est perçu comme s’écartant du respect de la loi, quand il refuse de recevoir des citoyens, c’est tout l’Etat qui en sort discrédité. Nombre d’émeutes locales dont les solutions devraient être locales éclatent parce que les populations croient fortement que c’est le seul moyen à leur disposition pour faire venir sur place les autorités, et principalement le wali, auxquelles elles prêtent, à tort ou à raison, de larges pouvoirs. Pour les populations, les institutions restent confondues donc avec leurs responsables. Ainsi, il n’y a pas de ministères, il n’y a que des ministres; il n’y a pas de wilaya, mais il n’y a que des walis et, de la même façon, il n’y a pas d’APC et il n’y a que des présidents d’APC.
Le mal est donc profond en ce sens que la gestion des affaires locales est perçue comme personnalisée, non institutionnalisée. Les gens sont ainsi de plus en plus convaincus que si l’on ne connaît pas le plus haut responsable, il serait impossible de régler le moindre problème personnel. Mais de telles perceptions ne datent pas d’aujourd’hui; elles sont ancrées dans les esprits des populations depuis bien trop longtemps, depuis des décennies et n’ont fait que s’amplifier, principalement depuis qu’était retrouvée la liberté d’expression. Déviations de la loi? C’était plus particulièrement durant la période des DEC, fonctionnaires désignés par les walis, qu’un directeur de cabinet du ministère de l’Intérieur avait officiellement appelé à «violer les lois scélérates». Propos qui avaient dépassé la pensée de leur auteur?
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com