Bejaia - Revue de Presse

BERRIANE, TIZI OUZOU, BÉJAÏA, OUARGLA, ALGER...



ça grogne au front social
Si les régions sont différentes les unes des autres, il n’en demeure pas moins que les problèmes sont les mêmes. La grogne sociale revient en force cet été. Les Algériens ont les nerfs sous le bonnet. A la chaleur suffocante de la saison estivale, se mêlent les problèmes sociaux qui ne cessent de s’accumuler. A Alger, la grève de la faim, déclenchée par les enseignants contractuels, est à son 16e jour. Les revendications des grévistes, à savoir l’intégration des 40.000 enseignants contractuels et le paiement des arriérés de salaire, ne sont pas près d’être satisfaites. Le ministère de l’Education nationale renie sa responsabilité sur ce dossier, préférant ainsi se défausser sur la Fonction publique, confortant sa position par le fait que la solution de ce bras de fer ne peut être obtenue que par la voie d’un concours. Ce que les enseignants grévistes refusent du tout au tout, estimant qu’il est inconcevable de demander à un enseignant, en exercice depuis plus de dix ans, de passer un concours de recrutement, pour réintégrer son poste.A voir la chose de près, les observateurs estiment que le ministère de l’Education nationale puise ses problèmes à partir du néant. Sinon, comment explique-t-on le fait que le premier responsable de l’Education, Boubekeur Benbouzid s’arc-boute sur une position que les analystes estiment injustifiée, le ministre s’entêtant à affirmer que «le seul recours à l’intégration c’est de passer le concours et que les revendications des enseignants grévistes de la faim sont illégales vis-à-vis de la loi». Il convient de se demander, dans ce cas précis, s’il existe réellement des revendications illégales? C’est du moins l’interrogation que les enseignants contractuels n’ont de cesse de soulever. «Si c’était illégal, pourquoi l’intégration de 2001 a-t-elle été faite?», s’interrogent-ils encore. Dans un communiqué transmis hier à notre rédaction, le Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap) se demande: «Comment voulez-vous que les enseignants passent le concours alors que leurs dossiers ont été rejetés au moment de leur dépôt sous différents prétextes, comme c’est le cas des ingénieurs qui occupent des postes vacants depuis quatorze ans?» Loin du brouhaha de la capitale, la grogne regagne, de nouveau, la Kabylie.A Draâ El Mizan, au sud de la wilaya de Tizi Ouzou, plus précisément dans la localité de Maâmar, les citoyens ont procédé à la fermeture de la RN25 reliant Draâ El Mizan et Tizi Ouzou. Les habitants de cette localité ne revendiquent que leurs droits à des conditions de vie les plus élémentaires.Lesquelles? Il s’agit de la présence d’un médecin, d’un chirurgien-dentiste, une infirmière, l’engagement d’un personnel pour l’hygiène et la gratuité des soins, l’entretien des écoles primaires, l’amélioration du ramassage scolaire des élèves du cycle moyen, l’extension du réseau d’électricité, une meilleure distribution de l’eau potable...Dans la localité de Derguina, dans la wilaya de Béjaïa, les citoyens ont procédé, dimanche dernier, à la fermeture de la RN9, reliant Béjaïa à Sétif.Les contestataires montent au créneau contre la décision des autorités qui ont interdit la vente des fruits et légumes sur la voie publique. Ailleurs, que ce soit à Ouargla, à Oran, à Ghardaïa, Chlef ou à Tiaret, on ne cesse de relever des foyers de tension. Si les régions sont différentes les unes des autres, il n’en demeure pas moins que les problèmes sont les mêmes: les Algériens réclament les conditions d’une vie simple et décente.Est-il concevable que dans un pays comme l’Algérie, avec les richesses tous azimuts dont elle dispose, il existe encore des localités qui n’ont pas l’électricité alors que le pays aspire à en exporter? Il faut dire, en outre, que la grogne sociale, en Algérie, tire ses racines principalement du pouvoir d’achat des citoyens qui est faible. Et avec la rentrée sociale qui s’approche, la situation risque d’empirer davantage.Deux événements majeurs attendent les Algériens au tournant: le mois de Ramadhan, prévu pour le début de septembre, et la rentrée scolaire qui aura lieu quelques jours plus tard. Deux évènements qui sont perçus comme deux moments cruciaux pouvant déclencher l’étincelle qui met le feu aux poudres.La situation est d’autant plus incertaine qu’il faut s’y préparer dès maintenant au risque d’assister à un embrasement difficile à éteindre. Sur le terrain, la lassitude est d’autant plus manifeste qu’il suffit d’un rien pour le remarquer. Les secteurs les plus vitaux (la santé, l’éducation, l’agriculture, le commerce) sont sur un volcan. Et quand ces départements vont mal, rien ne va.
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