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BELKACEM ROUACHE à BéJAïA 'J'écris dans la langue de l'image"



BELKACEM ROUACHE à BéJAïA 'J'écris dans la langue de l'image
S'il est un travailleur infatigable, un auteur ou plus exactement un reporter prolixe, on ne peut pas dire de Belkacem Rouache qu'il soit un grand bavard. Le public de Ballade littéraire de Béjaïa, qui l'avait convié, samedi dernier, à parler de son livre dans la petite salle du théâtre régional, a eu à le vérifier.
Mais sans trop de regrets. Le public, intéressé, a appris des choses sur celui qui ne s'autorise que quatre heures de sommeil par jour. Belkacem Rouache est aussi un homme pluriel ; il est journaliste, écrivain, poète et scénariste. Les animateurs de Ballade littéraire l'avaient convié afin de parler de son dernier livre, 'l'Homme qui regarde la mer" (El-Kalima Editions 2012). Seulement, le livre sur lequel le public a souhaité l'écouter longuement, il l'avait écrit pour surmonter une épreuve tragique, profondément douloureuse : la perte dans un accident de son fils et de son épouse. Une épreuve qu'il ne souhaite à personne : 'On t'apprend au téléphone le décès des êtres les plus chers." Le livre est donc une thérapie mais qu'il ne voulait surtout pas autobiographique. A travers cette tragédie, l'auteur a truffé son ouvrage de questionnements sur l'Algérie contemporaine, des années 2010. Il y a même interrogé l'histoire à travers le personnage, Doria, une femme symbole, qui avait vécu dans l'Algérie administrée par les Ottomans.
Bien qu'il ne soit pas historien, le journaliste s'est beaucoup documenté sur cette période. Le conférencier a expliqué, ensuite, comment s'est opéré le passage de l'écriture de nouvelles et de romans au scénario, que ce soit pour le théâtre ou pour le cinéma. Il a souligné que sans l'aide de ses amis, qui l'ont présenté au défunt Boubnider, il n'aurait jamais eu sa chance dans le métier. Un métier qu'il décrit des plus fermés, d'où le triste sort du cinéma algérien, marqué par l'absence inquiétante de scénaristes. Explication : ailleurs, un scénariste écrit le scénario, un réalisateur se charge de la réalisation, un producteur de la production.
En Algérie, malheureusement, a déploré M. Rouache, 'souvent le réalisateur écrit le scénario, la plupart du temps bidon, il le réalise, le produit, il fait la musique et il joue le rôle principal. Ce n'est pas ainsi qu'on fait du cinéma. A vouloir tout faire, on ne fait rien". D'ailleurs, il n'y a même pas de lieu de rencontre où doivent se retrouver tous les acteurs du cinéma, du théâtre ; chacun est dans son coin.
Pour lui, ce sont les réalisateurs qui empêchent les jeunes créateurs d'émerger. Il en connaît un bout, car il a eu à souffrir de cela, alors 'qu'en ma qualité de scénariste, j'écris avec la langue de l'image."
M. O
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