Le 4 octobre se terminait la 5e édition des Rencontres documentaires de Béjaïa. Dans la foulée, était lancée la cinquième promotion de Béjaïadoc. Pour El Watan Week-end, Habiba Djahnine, l'une des initiatrices, dresse le bilan.
Un lieu : Béjaïa. Une bâtisse : la Cinémathèque. Des gens : deux associations, Kaïna Cinéma et Cinéma & Mémoire. Résultat : Béjaïadoc. Il y a cinq printemps de cela, un atelier de création de films documentaires imposait sa patte, accompagnant de nouveaux visages, impatients de questionner les petits travers et autres extases de leur quotidien. Quatre promotions et 24 films plus tard, on tire certaines conclusions puis on les insère dans un coffret de 6 DVD. Et ce bilan ' «Il n'y a pas de bilan positif ou négatif, le plus important, c'est qu'il y ait un travail en permanence. Béjaïadoc est un projet à long terme, dans lequel nous accompagnons le travail des stagiaires afin que cela aboutisse à des films, explique Habiba Djahnine, une des initiatrices de Béjaïadoc. Après ces quatre promotions, je suis certaine d'une chose, persévérer encore et toujours. Il y a une énorme satisfaction de voir tous ces stagiaires réaliser des films iconoclastes et s'investir différemment. Sans oublier la satisfaction de pérenniser le travail des formateurs.
Le résultat est concluant, car il dégage une qualité de films à l'image de l'engagement des uns et des autres.» Sans être officiellement une institution scolaire, Béjaïadoc poursuit son travail à l'image : «Il y a une dimension scolaire dans notre travail. En dehors de la formation, il y a de la théorie. On construit une éducation à l'image. On privilégie les leçons de cinéma, décortiquant les 'uvres avec les réalisateurs, les pièges du métier et surtout on fait connaître des démarches autour du documentaire tout en proposant aux stagiaires des points de vue divers tels que l'essai ou les films expérimentaux.» Quid des films ' Ils voyagent énormément, ainsi que leurs auteurs. Mais à aucun moment, on y sent une forme d'uniformisation : «Il n'y a pas de style Béjaïadoc, pas de dogme. Les films doivent ressembler à leurs auteurs. Parfois, je ne suis pas d'accord sur la forme ou l'idéologie de quelques films, mais le plus important, c'est de continuer à les suivre jusqu'à ce qu'ils aient atteint leurs objectifs.»
Promotion 2011, par exemple, on y côtoie Drifa Mezenner et Sonia Ahnou.
Intime
Dans Uzzu, c'est l'amour qui s'infiltre chez les étudiants et Sonia qui les écoute, puis change ses plans et se filme en toute quiétude, histoire d'affirmer : «Je suis prête.» Près d'elle, Drifa qui, dans J'ai habité l'absence deux fois, questionne son frère aîné, un exilé d'Algérie, à travers une belle lettre envoyée. Belle narration, un récit savamment (trop ') calibré, mais ses plans sentent l'intériorité d'une vérité toute intime. Mais grande question : où sont maintenant les réalisateurs des quatre promotions ' Que font-ils ' Des projets ' Des post-productions ' «La plupart participe dans d'autres tournages en qualité de technicien tel que l'assistanat, d'autres préparent leur second film. Certains se sont arrêtés, car ils n'avaient plus la prétention de continuer dans ce métier. Quelques réalisateurs effectuent d'autres formations à la Femis ou les Ateliers Varan. En parallèle, Béjaïadoc se lance dans la coproduction.»
Le dernier film de Sonia Ahnou et d'Amir Bensaïfi, Notre vie normale, récemment projeté aux Rencontres documentaires de Béjaïa, en est un bel exemple. Une manifestation ciné, un atelier de création de films documentaires, des coproductions. Que reste-t-il ' «Nous aimerions mettre en place un centre pour l'emploi dans le domaine du cinéma, une sorte de maison pour tous les métiers, projette Habiba. Nous centraliserions les CV et les compétences et on ferait les liens avec des boîtes de production. Professionnaliser la filière en somme.» Rendez-vous est pris pour octobre 2013 où seront dévoilés les films de la promo 2013.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Samir Ardjoum
Source : www.elwatan.com