
L'officialisation de tamazight est «un socle pour une véritable république démocratique»Trente-cinq ans après, la langue amazighe demeure une revendication de l'heure portée sur le terrain par des militants de l'ancienne et de la nouvelle génération.20 avril 1980, 20 avril 2015, 35 ans sont passés après les premiers événements qui ont porté des revendications démocratiques et identitaires algériennes. En 35 ans beaucoup d'événements ont eu lieu et beaucoup de choses ont été acquises. Mais cela reste insuffisant, la revendication liée à la question de la langue amazighe demeure insatisfaite, du moins dans sa totalité.Trente-cinq ans après, la langue amazighe demeure une revendication de l'heure portée sur le terrain par des militants de l'ancienne et de la nouvelle génération. Son officialisation demeure le cheval de bataille de tout un chacun. C'est un principe qui préoccupe petits et grands en basse Kabylie. Ils en parlent sans détour.L'officialisation de tamazight est «un socle pour une véritable république démocratique», c'est la conviction que partagent certains. D'autres estiment que «c'est un droit indéniable». Et le combat continue. Un refrain moult fois prononcé lors des événements du printemps noir. Un printemps qui succède à celui du 20 avril 1980 avec son lot de douleurs. A Béjaïa, on n'est pas près d'oublier même si la ferveur n'est pas celle d'autrefois. Entre le souvenir des uns et l'espoir des autres, la question identitaire se présente comme un rempart à toutes les dérives.Introduite dans le système éducatif puis dans la première loi du pays, la langue amazighe se cherche encore. Elle se cherche sur le plan de l'espace car elle reste circonscrite à la Kabylie. Elle se cherche sur le plan des moyens et d'une force à même de la propulser de l'avant. Autant d'insuffisances que seule une célébration dans un élan unitaire peut satisfaire. Et c'est là que le bât blesse.«La célébration du 20 Avril doit être une mobilisation unitaire, populaire, rassembleuse et fédératrice. C'est la journée antirépression», c'est ce que pense ce militant de la première heure, dont le nom reste inconnu car, estime-t-il, «je ne fais pas de mon identité un fonds de commerce».Il le pense encore aujourd'hui en insistant sur son anonymat. Hamid, un ancien des années 1980, rappelle quant à lui «le lien dialectique, la corrélation logique «entre la question culturelle et linguistique et la question de la transition vers la démocratie et l'Etat de droit», et regrette qu'aujourd'hui encore «la manipulation, les leurres, la diversion et l'instrumentalisation de tamazight soient encore d'actualité», sans pour autant, ajoute-t-il qu' «une solution adéquate, appropriée, juste et judicieuse soit acceptée.»Hamid insiste sur la nécessité d'officialiser la langue amazighe pour lui donner les moyens de se développer et la soustraire des calculs politiciens encore d'actualité.Comme lui, les citoyens de basse Kabylie pensent que «la mémoire du 20 Avril 1980 ne doit pas faire l'objet de récupération ou de manipulation politicienne» et estiment qu' «il faut juste parvenir à décrypter et débusquer le langage politique, caractérisé par l'ambiguïté, l'ambivalence, le flou.... dans leurs mises en scène, leurs productions discursives et communicationnelles, leurs iconographies et symboliques, leurs compagnonnages et affichages». L'hypocrisie que certains entretiennent volontairement n'y est pas pour favoriser une issue heureuse pour la cause, dont le prix payé est incommensurable. La cause amazighe a vu défiler des centaines d'acteurs qui aujourd'hui se «cachent» pour ne pas faire leur bilan. Au sein de l'opinion locale de basse Kabylie, tamazight est l'affaire de tous. Ce qui reste à faire doit être un combat commun, sincère et déterminé. Entre le ressentiment des uns et la volonté des autres, tamazighth doit acquérir le statut qui lui sied. C'est la conviction la plus partagée par tous en basse Kabylie et la détermination est là pour la faire aboutir. Même si la volonté n'est pas au même degré, il reste que le règlement de cette question est l'impératif de l'heure. Un impératif qui, non seulement confirmera le caractère démocratique de l'Algérie mais protégera également les revendications unanimes des manipulations de tous bords. A la veille de l'échéance de révision de la Constitution, l'espoir demeure en basse Kabylie quant au règlement définitif de cette question. Il y va de l'avenir de la nation mais surtout de son unité et l'intégralité de son territoire.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Arezki SLIMANI
Source : www.lexpressiondz.com