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Béjaïa : les langues et le monde du travail, le grand décalage Etudiant : les autres articles



Béjaïa : les langues et le monde du travail, le grand décalage Etudiant : les autres articles
On a du mal à diversifier nos offres de formation». C'est là un constat de la responsable du Laboratoire de formation en langues appliquées et ingénierie des langues en milieu multilingue (LAILEMM), de l'université Abderrahmane Mira de Béjaïa (UAMB), Pr Farida Boualit, qui s'exprimait le 2 octobre dernier lors d'une journée d'études sur «les langues en milieu socioprofessionnel».La responsable devait faire aussi le constat de formations dispensées en «vases clos, sans se soucier des besoins ciblés par le marché du travail». «Nous formons, dit-elle, des gens dont personne n'a besoin». Dans leur grande majorité, les formations de l'université sont académiques. Une fois sortis des facultés algériennes, c'est aux diplômés de s'adapter au marché du travail. «Dans les meilleurs des cas, ils sont recrutés comme enseignants sans s'y être préparés», a ajouté la conférencière. Les diplômés de la faculté des lettres et des langues, du moins à Béjaïa, ne bénéficient pas de stages pour mettre en pratique leurs connaissances théoriques. Aucune convention ne lie l'université à la direction de l'éducation. «Pourtant, les langues, dans le contexte de la mondialisation, sont devenues un atout majeur pour les acteurs économiques», constate Mme Boualit.
Pourtant, selon Belhoul Mourad, directeur du centre d'études supérieures industrielles (CESI-Algérie), «70% de l'apprentissage (des compétences) sont réalisés sur un mode informel», c'est-à-dire «par la pratique, l'échange avec les collègues, la résolution des problèmes'». «Il faut être dans le milieu professionnel pour mesurer les compétences», soutient-il. Deradji Lila, enseignante chercheur à l'UAMB, relève un «décalage» entre la formation des langues et les demandes spécifiques du monde professionnel. Mieux, il y a «insatisfaction caractérisée des entreprises par rapport au produit de l'université» selon l'enseignante, qui plaide pour «les formations en langues ouvertes sur la société et le monde professionnel».
Se rendant compte de la non-employabilité des diplômes à la lumière des résultats d'une étude, le rectorat de l'UAMB projette de lancer le volet professionnel de certaines filières. 261 offres de formation sont disponibles à l'université de Béjaïa : 95 pour les licences dont 26 sont professionnelles, 98 en master dont uniquement 7 sont professionnelles et 68 classiques.
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