Bejaia - A la une

Beaucoup de retard et des frustrations Béjaïa



Kamel Amghar

Le programme gouvernemental d'insertion professionnelle des jeunes chômeurs, baptisé 100 locaux pour chaque commune, suscite beaucoup de mécontentement. La mollesse initiale des autorités locales dans le lancement et la concrétisation du projet a tellement impacté l'initiative. Dans une wilaya comme Béjaïa, l'application de ce dispositif a connu tant de retards. Aux lourdeurs bureaucratiques s'ajoutent plusieurs autres contraintes dont, essentiellement, la rareté du foncier. A la réception des premiers lots, les entreprises réalisatrices ont eu beaucoup de mal pour percevoir leur dû. Ce couac a provoqué un net désintérêt des entrepreneurs pour ce type de chantiers. Les autorités locales ont mis, par la suite, énormément de temps pour l'électrification, l'alimentation en eau potable et le branchement du téléphone. Cette hésitation manifeste a presque refroidi la motivation des véritables bénéficiaires qui, las d'attendre, ont changé de préoccupation entre-temps. Certains pensent que ces atermoiements des APC étaient comme prémédités pour se permettre, plus tard, d'en disposer à leur guise. «Cette opération est entachée, dès le départ, de lourdeurs au niveau des APC», avoue un responsable local qui regrette «le choix arbitraire des terrains d'implantation, l'absence d'études d'impact sur l'économie locale avec vision claire sur les attentes en termes de création d'emplois». En effet, dans les grands centres urbains, comme au chef-lieu de wilaya, l'attribution des premiers quotas de locaux a provoqué un vif mécontentement des postulants non bénéficiaires. Ces derniers avaient accusé de favoritisme les élus locaux et les membres de la commission d'attribution. On avait alors dénoncé des non-résidents de la commune qui ont été servis en priorité. Des noms ont été cités sur la place publique, mais aucune enquête officielle n'a été lancée pour en faire toute la lumière. Les sans-emploi, issus essentiellement des centres de formation professionnelle, attendaient cette aubaine
pour créer leur propre gagne-pain (réparation d'appareils électroménagers, laboratoire photographique, atelier de plomberie ou de couture'). Cet engouement se retrouve aussi dans d'autres villes de la Soummam comme Akbou, Sidi Aïch, Tazmalt ou El Kseur.
A ce niveau-là, il convient de souligner que certains locaux, excentrés du c'ur de la ville, ne sont pas encore exploités. Les attributaires, pour des raisons diverses, tardent encore à lancer leurs activités. Souvent, l'absence des services de base est évoquée comme un
leitmotiv. C'est le cas aussi dans certaines localités montagneuses à faible densité démographique où la demande de ce type de services est naturellement restreinte. Dans la Région est, les locaux réalisés ont été occupés et mis en service dans les mois qui ont suivi. Deux facteurs essentiels justifient cette promptitude ; la restriction initiale de l'offre immobilière et leur implantation au beau milieu des chefs-lieux. A Souk El Thenine, une partie des locaux a été bâtie à l'intérieure de la gare routière. A Aokas, le site principal, jouxtant une cité populaire et le stade municipal, se situe à l'entrée ouest de la ville. A Darguina, les 50 locaux construits occupent des endroits stratégiques au centre du village et dans la cité populeuse de Saâdane. Idem pour Tichy, Melbou, Bordj Mira ou Kherrata. Cette proximité du centre urbain et des principaux axes routiers encourage les bénéficiaires à aller de l'avant en raison du potentiel commercial existant. A noter que dans de nombreuses municipalités, le seuil des 100 locaux n'a pas été atteint. La majorité des communes s'est limité à une moyenne de 50 locaux. Dans certaines zones éloignées et enclavées, on s'est même contenté de 25, voire 10 locaux. La wilaya, qui compte 52 communes, devrait logiquement construire 5 200 locaux. Dans les faits, huit ans après son lancement, le taux de réalisation du programme frôle à peine les 50%.
K. A.
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