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Aux petits soins de l'association El Hanane de Béjaïa Prise en charge de l'enfance abandonnée



Aux petits soins de l'association El Hanane de Béjaïa                                    Prise en charge de l'enfance abandonnée
De notre correspondant à Béjaïa
Kamel Amghar

Souvent quand on évoque l'enfance abandonnée, on parle de conditions d'accueil et de moyens mis à la disposition des foyers spécialisés. Mais rarement pour mettre en exergue la responsabilité de la société dans les souffrances et les frustrations quotidiennes de cette frange fragile de la population. La ville de Béjaïa dispose depuis toujours d'une pouponnière. Autrefois, c'était au sein de l'hôpital Frantz Fanon dans la vieille ville. Aujourd'hui, l'établissement s'est affranchi de cette tutelle hospitalière pour disposer de ses propres locaux au quartier populaire d'Ihaddaden. Mise sous tutelle de la Direction de l'action sociale et de la solidarité (Dass), l'institution est encadrée par l'association El Hanane qui prend bien soin des pensionnaires. Des nounous sympathiques et un personnel psychopédagogique, volontaire déploie beaucoup de passion et d'efforts pour suppléer aux parents. Ce n'est pas facile. L'amour et la tendresse des parents étant irremplaçables. L'abandon de ces petits anges génère instinctivement des séquelles psychologiques et, plus tard, des contrecoups sociaux. En plus du budget conséquent de la Dass, la pouponnière est également subventionnée par l'APC. Les hommes d'affaires et les entreprises de la région sont aussi nombreux à venir en aide à ce foyer de l'enfance qui est bien équipé et bien entretenu. Des dons en nature et des aides financières lui sont régulièrement accordés. Récemment, l'association El Hanane a inauguré un beau jardin d'enfants, doté de toutes les commodités. «Les équipements électroménagers, pédagogiques et de bureau ont été financés par l'Agence locale de développement social (ADS). Ce jardin sert à nous occuper des enfants. L'ADS nous a alloué une enveloppe conséquente et nous a laissé le soin de choisir, nous-mêmes, nos équipements», dira Mme Triki, présidente de l'association. Même les enfants des familles démunies (3 à 5 ans) sont reçus dans ce merveilleux jardin de l'innocence pour profiter des jeux et des programmes pédagogiques de l'institution. Un personnel spécialisé et disponible veille sur la bonne éducation des inscrits qui bénéficient aussi des services d'un réfectoire et d'une totale prise en charge médicale. «Les enfants arrivent à 8 h 45 du matin et ils repartent à 15 h 30. La crèche est équipée d'une salle de repos,d' une salle pédagogique et d'une aire de jeu», explique, toujours, Mme Triki. En gros, sur le plan matériel, les enfants abandonnés n'ont presque aucun souci à se faire. Tout le problème réside dans le regard de la société à leur endroit. Si les lois algériennes garantissent l'égalité de tous les citoyens, sans distinction aucune, elle interdit encore le droit de filiation aux enfants nés sous X, de porter le nom de leurs parents adoptifs. Sans nom et papiers administratifs, complets cette catégorie sociale rencontre de grandes difficultés à s'insérer correctement dans la société. Aux préjugés s'ajoutent des obstacles bureaucratiques pour se lancer dans le commerce, solliciter un crédit bancaire ou exercer de hautes fonctions dans l'Administration.
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