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5 Octobre 1988 : recueillement et désillusion à Béjaïa Actualité : les autres articles



Vingt-quatre ans après le soulèvement populaire, le 5 Octobre a déserté bien des mémoires.
Un petit groupe de fidèles, une gerbe de fleurs et une grande désillusion. Voilà ce qui peut résumer la cérémonie de recueillement organisée hier à Béjaïa par le Centre de documentation des droits de l'homme (CDDH), affilié à la LADDH, et l'Association des victimes d'Octobre (AVO) de la wilaya.Au pied de la stèle élevée il y a douze ans sur l'esplanade de la Maison de la culture, à la mémoire des victimes de ces tragiques événements, gisent des sacs de sable et une bouteille de vin vidée la veille. Les alentours sont envahis par du gravier restant d'un chantier. L''uvre d'art est en forme de bougie. Une bougie qui ne s'allume plus. Depuis quelques semaines, une cabine sans âme, construite pour abriter un matériel électrique pour la trémie d'à côté, l'encombre. Elle la cache comme par jalousie.
Pour l'étouffer. Le 5 Octobre n'est pas dans l'agenda de l'APC, à majorité FLN. Les lieux n'ont pas été nettoyés pour les besoins du recueillement. La «bougie» n'a pas été rallumée.
Vingt et une personnes, dont des parents de victimes, des militants politique et associatifs et du MJIC, étaient là pour déposer une gerbe de fleurs. Des grappes de fidèles, beaucoup plus nombreux que ceux du 5 Octobre, convergent vers la mosquée El Kawtar, passent leur chemin. L'appel du muezzin précipite leurs pas. Deux d'entre eux, tapis de prière sur l'épaule, s'arrêtent pour lire la Fatiha devant la stèle. Le recueillement se termine par quelques photos. Pour le souvenir du devoir de mémoire accompli. On échange quelques regards et chacun rentre chez soi, dans le silence, persuadé que le combat est de longue haleine.
«Il faut tout faire pour que le 5 Octobre ne soit pas un simple souvenir», déclarait quelques minutes plus tôt un militant des droits de l'homme, lors d'une rencontre au CDDH. «Ils ont fait du 5 Octobre un non-événement en créant des forces négatives pour contrecarrer l'avancée démocratique», notait-il. D'aucuns s'interrogent : «Que reste-t-il à faire maintenant '» «Reprendre la lutte sereinement», suggère un autre militant, qui estime qu'il y a nécessité de se placer dans une perspective de prise de pouvoir.
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