
Elle est, à elle seule, la preuve irréfutable de l'authenticité, mais aussi de l'universalité de cette musique ancestrale. C'est ce qu'elle a admirablement démontré, vendredi dernier, en début de soirée, lors du gala qu'elle a animé à la salle Ibn Khaldoun en présence d'une nombreuse assistance. Avec une musique exquise faite de quelques accords et de mots ciselés portés par une voix mélancolique et suave à la fois, l'artiste n'a pas laissé son public insensible, auquel elle a dédiée non seulement ses chansons entrainantes, mais surtout ses véritables romances et ses douces et apaisantes complaintes. L'ambassadrice de cette musique écoutée partout dans le monde, s'est mise à chanter quelques compositions empreintes de tristesse, sous le regard fasciné et admiratif de son public, qui écoutait son idole dans un silence religieux. Mais si elle s'adresse avec finesse aux c'urs, elle sait aussi faire danser les corps. La preuve, dès qu'elle a entonné les titres au rythme soutenu, dont l'inoubliable « Djazaïr djawhara », l'assistance ne s'est pas fait prier pour se déhancher à en perdre le souffle, dans un mouvement de danse endiablée. Venus des quatre coins de la capitale pour fêter ces moments de retrouvailles, ses admirateurs ont été bien servis en ce vendredi mémorable. Ils ont eu droit en effet à deux heures de bonheur partagé. Une vingtaine d'étudiants de la région natale de la chanteuse a tenu à être présente pour assister au concert de cette voix d'or qui a pu universaliser ce genre de musique, confinée jusqu'à un passé récent à la région Sud du pays, grâce à sa persévérance, son abnégation, mais aussi son travail sans relâche. Véritable représentante de la musique gnaouie s'il en est, Hasna El Becharia, qui raconte dans son 'uvre, avec sincérité et courage, toute une vie faite d'amour et de désamour, de joie et de tristesse, a transporté l'assistance dans une randonnée artistique et musicale inoubliable. Le concert de cette icône est aussi un voyage en partitions et en notes musicales qui a permis aux inconditionnels de cette artiste de redécouvrir le gnaoui dans toute sa splendeur, sa diversité et son enracinement dans la mémoire collective africaine. Un genre musical qui s'est internationalisé depuis quelques années, à la faveur de la naissance d'une nouvelle vague de chanteurs qui l'a pris à-bras-le-corps, tout en le modernisant en vue de le rendre plus agréable. L'artiste qui a connu la consécration grâce à « Djazaïr djawhara », sa chanson culte qu'elle a dédiée à son pays, a, l'espace d'un gala, vécu en communion musicale, voire spirituelle, avec ses fans. Ceux-ci l'ont unanimement salué à la fin du spectacle : « Hasna El Becharia est une voix incontournable, une digne représentante de la musique gnaouie et de la culture algérienne à l'étranger, en plus du bonheur et de la joie qu'elle procure à son public à chacune de ses productions ». Hasna El Becharia, elle, se dit tout simplement heureuse de retrouver son public pour lequel elle continuera à chanter.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel O
Source : www.horizons-dz.com