
Une ambiance des plus surprenantes, dansante et survoltée, a régné sur le stade Ennasr de Bechar lors d'un concert spectaculaire animé par Maallem Medjbar et son groupe, qui a su faire vibrer un public pourtant réputé difficile avec un style inspiré de la musique de la région.Une ambiance des plus surprenantes, dansante et survoltée, a régné sur le stade Ennasr de Bechar lors d'un concert spectaculaire animé par Maallem Medjbar et son groupe, qui a su faire vibrer un public pourtant réputé difficile avec un style inspiré de la musique de la région.Invité en tête d'affiche par le 9e Festival national de musique diwan qui se tient à Béchar depuis lundi, le groupe a enchanté son public venu nombreux avec des textes de poètes connus dans la Saoura, des compositions propres de l'artiste et des reprises de succès comme ceux de Gaada Diwan Bechar. Avec une orchestration riche composée de goumbri, mandole, violon, batteries, percussions et claviers, le Maallem à la voix aigue et puissante a install une ambiance festive chez un public "ravi d'avoir une animation musicale de qualité même si celleci reste rare dans la région".La compétition du festival a été marquée lors de cette troisième soirée par le passage, empreint d'émotions et d'authenticité, de la troupe Dar Bahri Ouesfane de Constantine détentrice d'un rituel ancestral séculaire longtemps conservé dans un cadre familial restreint tout en étant très connu dans la ville. Pour ce passage, le patriarche et chef de troupe Mohamed El Hadi Hachani a fait monter sur scène un instrument du diwan aujourd'hui rarement utilisé, le "kerketou", petite percussion jouée avec de longues baguettes. Chantant en langue Haoussa, parlée en Afrique de l'ouest, la fluidité de l'interprétation du chant du Koyo Bango (chanteur) et son aisance avec cette langue témoignent l'authenticité de son répertoire et de sa préservation.Les troupes Diwan El Bahia d'Oran et Ahl Diwan de Mascara ont reproduit sur la scène du stade Ennasr, ch cun à sa manière, la tradition des diwan de l'Oranie dans une prestation oscillant entre la pure tradition des confréries et une vision plus spectaculaire de cette musique. Le Festival national de musique Diwan s'est poursuivi encore avec le lendemain avec une conference animée par l'universitaire Mohamed Tahrichi qui a appelé, à "sortir les festivals culturels du financement exclusif de l'Etat" et de les orienter vers "un autofinancement productif" pour les faire participer au développement économique locale.Ce chercheur au Centre national de recherche préhistorique anthropologique et historique (Cnrpah) a plaidé l'"implication du secteur privé" dans le financement des événements culturels qui doivent, dit-il, prouver leur la "rentabilité". Saluant l'effort des pouvoirs publics pour créer et accompagner les événements culturels, cet enseignant à l'université de Béchar a relevé "la fragilité" des festivals algériens dont la plupart sont à la veille de leur 10ème édition et qui peuvent se retrouver "sans ressources" et "menacés de disparaître" dans une situation de crise économique.Pour lui, cette dépendance financière ne produit qu'une "masse de dépenses supplémentaires réparties entre les participants sans aucune valeur ajoutée au développement locale...", a-t-il dit, regrettant, par ailleurs, l'aspect "purement festif" d'événements "ponctuels", sans impact réelle sur la culture. Les festivals devraient, aux yeux de Mohamed Tahrichi, "collecter" et "archiver" les musiques traditionnelles, "proposer" des classements au niveau national et international, "assurer" une large diffusion des genres concernés pour créer, à tout le moins, un référentiel complet de la musique algérienne.Selon lui, les évènements culturels et autres festivals existant en Algérie n'assurent pas cette fonction, "complètement" absente, même, de leur conception, laissant la recherche scientifique dans différents styles de musiques traditionnelles du sud algérien, par exemple, aux chercheurs étrangers. Interrogé sur les risques que fait courir une globalisation culturelle agressive aux cultures locales, Mohamed Tahrichi a estimé qu'"une communauté (quelle qu'elle soit) ne peut diffuser et promouvoir un bien culturel, sans qu'elle soit le producteur ou le propriétaire" de ces biens. Inauguré lundi, le 9e Festival national de musique diwan se poursuit jusqu'à aujourd'hui.Invité en tête d'affiche par le 9e Festival national de musique diwan qui se tient à Béchar depuis lundi, le groupe a enchanté son public venu nombreux avec des textes de poètes connus dans la Saoura, des compositions propres de l'artiste et des reprises de succès comme ceux de Gaada Diwan Bechar. Avec une orchestration riche composée de goumbri, mandole, violon, batteries, percussions et claviers, le Maallem à la voix aigue et puissante a install une ambiance festive chez un public "ravi d'avoir une animation musicale de qualité même si celleci reste rare dans la région".La compétition du festival a été marquée lors de cette troisième soirée par le passage, empreint d'émotions et d'authenticité, de la troupe Dar Bahri Ouesfane de Constantine détentrice d'un rituel ancestral séculaire longtemps conservé dans un cadre familial restreint tout en étant très connu dans la ville. Pour ce passage, le patriarche et chef de troupe Mohamed El Hadi Hachani a fait monter sur scène un instrument du diwan aujourd'hui rarement utilisé, le "kerketou", petite percussion jouée avec de longues baguettes. Chantant en langue Haoussa, parlée en Afrique de l'ouest, la fluidité de l'interprétation du chant du Koyo Bango (chanteur) et son aisance avec cette langue témoignent l'authenticité de son répertoire et de sa préservation.Les troupes Diwan El Bahia d'Oran et Ahl Diwan de Mascara ont reproduit sur la scène du stade Ennasr, ch cun à sa manière, la tradition des diwan de l'Oranie dans une prestation oscillant entre la pure tradition des confréries et une vision plus spectaculaire de cette musique. Le Festival national de musique Diwan s'est poursuivi encore avec le lendemain avec une conference animée par l'universitaire Mohamed Tahrichi qui a appelé, à "sortir les festivals culturels du financement exclusif de l'Etat" et de les orienter vers "un autofinancement productif" pour les faire participer au développement économique locale.Ce chercheur au Centre national de recherche préhistorique anthropologique et historique (Cnrpah) a plaidé l'"implication du secteur privé" dans le financement des événements culturels qui doivent, dit-il, prouver leur la "rentabilité". Saluant l'effort des pouvoirs publics pour créer et accompagner les événements culturels, cet enseignant à l'université de Béchar a relevé "la fragilité" des festivals algériens dont la plupart sont à la veille de leur 10ème édition et qui peuvent se retrouver "sans ressources" et "menacés de disparaître" dans une situation de crise économique.Pour lui, cette dépendance financière ne produit qu'une "masse de dépenses supplémentaires réparties entre les participants sans aucune valeur ajoutée au développement locale...", a-t-il dit, regrettant, par ailleurs, l'aspect "purement festif" d'événements "ponctuels", sans impact réelle sur la culture. Les festivals devraient, aux yeux de Mohamed Tahrichi, "collecter" et "archiver" les musiques traditionnelles, "proposer" des classements au niveau national et international, "assurer" une large diffusion des genres concernés pour créer, à tout le moins, un référentiel complet de la musique algérienne.Selon lui, les évènements culturels et autres festivals existant en Algérie n'assurent pas cette fonction, "complètement" absente, même, de leur conception, laissant la recherche scientifique dans différents styles de musiques traditionnelles du sud algérien, par exemple, aux chercheurs étrangers. Interrogé sur les risques que fait courir une globalisation culturelle agressive aux cultures locales, Mohamed Tahrichi a estimé qu'"une communauté (quelle qu'elle soit) ne peut diffuser et promouvoir un bien culturel, sans qu'elle soit le producteur ou le propriétaire" de ces biens. Inauguré lundi, le 9e Festival national de musique diwan se poursuit jusqu'à aujourd'hui.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Midi Libre
Source : www.lemidi-dz.com