La suspension par la direction du tourisme de la wilaya de Béchar de toutes les réservations hôtelières et les voyages organisés pour la célébration des fêtes de fin d'année dans la wilaya a suscité l'ire des experts du tourisme et des propriétaires des agences de voyages qui jugent la décision "irréfléchie, tardive et inacceptable".Les protestataires estiment, en effet, que la décision aurait dû être prise trois ou quatre semaines auparavant. "Sous prétexte des raisons sanitaires, le directeur du tourisme de la wilaya de Béchar est le seul à prendre cette décision au niveau des 14 wilayas sahariennes.
Il aurait dû la prendre début décembre, il y a trois ou quatre semaines avant le début des fêtes de fin d'année", a réagi, dans ce sens, l'expert international en tourisme, Saïd Boukhelifa. Et de souligner : "Il y a des agences qui se sont préparées, qui ont monté des circuits touristiques, qui ont bloqué des places d'avion, loué des autocars et réservé des chambres d'hôtel. Et à 4 ou 5 jours des fêtes de fin d'année, on décide, dans l'insouciance et dans l'indifférence, d'annuler les fêtes de fin d'année pour des raisons sanitaires."
En s'adressant aux auteurs de la décision, il dira : "Désolé, mais que faisiez-vous depuis le mois de novembre et début décembre ' Vous vivez dans un environnement touristique composé d'agences de voyages, d'hôtels, d'autocars et de transport aérien, et quand on prend une décision pareille, on ne la prend pas tardivement à cause de ses conséquences."
Car, selon l'expert, "ses conséquences sont fâcheuses pour les agences de voyages qui sont déjà dans un état lamentable depuis 10 mois, mais aussi pour les quelques nationaux qui ont voulu passer cette fin d'année dans le désert". Saïd Boukhelifa souligne que cette façon de faire "transmet le message selon lequel, le tourisme chez nous est moribond, et on accentue davantage sa désuétude ou décrépitude".
D'autres acteurs ont exprimé une position mitigée qui allie la dénonciation d'une décision tardive à une certaine acceptation de celle-ci eu égard au risque sanitaire qu'induirait le déplacement en masse des concitoyens dans la conjoncture de crise sanitaire liée à la Covid-19.
Ainsi, Hadj Nacer Brahim Aflah, le propriétaire de l'agence Ziryab, a, en faisant preuve d'empathie pour les concitoyens lésés, estimé que l'attitude de la direction du tourisme de la wilaya de Béchar est "irréfléchie", parce qu'"on ne peut pas prendre une décision d'annulation des réservations à quelques jours des fêtes de fin d'année, au vu de ses incidences sur les concitoyens et sur les agences de voyages". Cependant, le président du Syndicat national des agences de voyages, Bechir Djeribi, a estimé que les agences de voyages n'ont pas eu le temps de se préparer.
Pour ce faire, "il faut au moins trois mois pour tout mettre en place, alors que le transport aérien vient juste de reprendre ses vols domestiques, en l'absence aussi des autres moyens de transport interwilayas et des structures hôtelières qui travaillent avec une réduction de la moitié de leurs capacités".
D'autres wilayas seraient enclines à prendre des décisions similaires, a-t-il estimé, en mettant en avant les conséquences du rush des citoyens vers les wilayas du Sud qui fait craindre le pire quant à une explosion des cas de contamination par la Covid-19.
A. RAFA
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar RAFA
Source : www.liberte-algerie.com