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Le Sud n'est pas un territoire de désolation



Le Sud n'est pas un territoire de désolation
Bien avant elle, le rekb des Ouled Sidi Cheikh et de l'imzad retenus sur la liste de l'Unesco, avaient révélé que ces vastes espaces steppiques ou désertiques n'étaient pas seulement gorgées de gaz ou de pétrole. Ils n'ont pas comme seuls attraits la qualité de lumière et la beauté des sites pour satisfaire des cinéastes. On n'y trouve pas seulement des oasis pour permettre à des citadins stressés de se reposer. Comme l'avait brillamment montré Malika Hachid, le Tassili notamment, était le berceau d'une civilisation florissante et le terreau où les Algériens ont pris racine. Un intellectuel de la trempe de Mouloud Mammeri avait auparavant exhumé l'Ahellil du Gourara auquel il consacra un livre de haute volée au milieu des années 1980. Cette tradition où se mêlent musique et spiritualité, a depuis rejoint aussi le patrimoine de l'humanité. D'autres sont en attente. Longtemps chasse gardée des chercheurs occidentaux, l'université devrait former ces spécialistes, trop rares, sinon inexistants pour le moment, afin de collecter et interroger les trésors d'oralité qui risquent de disparaître. Trop souvent, cette région du pays fut perçue comme une sorte de no mans land, des terres de désolation ou quelques légendes comme celle de Tinhinan pouvaient enflammer les imaginaires. Les territoires de l'exotisme ont reculé. Autrement, c'est oublier que depuis des temps reculés, des femmes et des hommes y ont bâti des systèmes de vie qui dans l'architecture, les systèmes de distribution d'eau, les pratiques artisanales ou dans les rites de célébration des fêtes traditionnelles sont des modèles d'ingéniosité et d'esthétique. Qui peut oublier la fête du Mawlid à Beni Abbas où les chants à la gloire du Prophète (QSSSL) et des saints sont à mille lieues des prescriptions mortifères des adeptes du « néo-islam » en rupture avec ses manifestations qui n'étaient pas qu'un chapelet d'invectives et d'interdictions ' De nos jours, la culture targuie n'est pas réductible à l'image des caravanes. C'est aussi une musique qui en Algérie et dans les pays limitrophes est une des expressions les plus vivantes et des plus novatrices de ce peuple ballotté par les conflits. Bechar, ces dernières années, s'est montrée aussi comme un vivier de la musique algérienne. Ses interprètes ont une audience nationale et, pour quelques uns, internationale. Le Sud algérien fut depuis des siècles une zone de transit des hommes et des marchandises. Quelques villes ont joué notamment un grand rôle dans la pénétration de l'Islam en Afrique subsaharienne. Le rayonnement de la Tidjania dont le lieu de naissance du fondateur à Ain Madhi près de Laghouat est un véritable lieu de pèlerinage. Depuis quelques années, les pouvoirs publics en créant des parcs nationaux comme celui de l'Ahaggar et de l'Atlas saharien cherchent à protéger et à valoriser cette richesse multiforme. Elle se décline par des gravures rupestres, une faune et une flore et des lieux de mémoires que les Algériens devraient mieux connaitre et découvrir. Les festivals dédiés à tel ou tel genre musical dans des localités du Sud attestent de cet intérêt conforté par les projets d'ordre économique qui ont permis notamment de réduire l'isolement et de revitaliser l'agriculture. L'intérêt accordé aux zaouïas dont certaines ont aussi un rayonnement régional, permet enfin de réhabiliter un legs et une mémoire historiques encore méconnus.


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