«Le Gnaoui a conquis même les pays du Moyen-Orient»
Le Maâlem Medjbar, comme l’at-teste son statut est un fin maî- tre du genre musical Gnaoui. La quarantaine bien entamée et largement au-delà, il est natif de Kénadsa dans une famille où le Goumbri constitue un legs sacré. De son vrai nom, Benmadjebari Medjbar, il est installé à Béchar et parle de sa passion pour le Gnaoui du plus profond de son âme.
-La voix de l’Oranie: Vous êtes notoirement connu à l’échelle nationale dans ce genre musical et lyrique comme étant un maître. Comment s’est révélé cette passion chez vous?
-Maâlem Medjbar: Ma famille est d’origine gnaouie. Dès mon enfance, je m’intéressais à la vie de mon grand-père qui était un «Maâlem» très connu dans la Saoura et son influence sur mon existence a été totale. J’étais fasciné par sa maîtrise en jouant du goumbri et ses capacités dans l’animation du «Diwan»... Et à partir de 13 ans, j’ai commencé à jouer modestement au goumbri à Kénadsa.
-Vous parlez de votre grand-père mais vous ne citez pas votre père?
-La musique gnaouie dans notre famille est similaire au sang dans les veines. Certes, mon père n’a pas pris le flambeau du Diwan.
Pour la simple raison qu’il était très occupé par la prise en charge de la famille. Ce qui fait que s’en est suivie une rupture de la tradition. Mais c’est mon grand-père qui m’a énormément motivé pour reprendre le Diwan.
-En dehors de cet héritage familial que vous avez reçu, vous avez intégré quel groupe du gnaoui?
-J’ai rejoint le groupe musical Es’Sad de Kénadsa en 1979. A cette époque, nous imitons le ghiwan, un genre musical très répandu au Maroc, grâce aux troupes El-M’Chahab, Djil El-Djilala et Nass El-Ghiwan. Ensuite nous avons opté pour le genre local et avons développé notre propre style. En puisant ses origines du patrimoine local et national telle que la Ferda.
-Mais sur le plan musical, vous avez apporté quelques retouches, notes nouvelles?
-J’ai introduit d’autres instruments modernes sans négliger les traditionnels. Afin de moderniser le style musical pour que les jeunes s’y intéressent et l’adoptent facilement. Je suis installé à Béchar et j’ai créé ma propre troupe. Plutôt familiale, intitulée «Noudjoum Saoura».
Elle se compose de huit artistes de grande qualité. L’animation de cette troupe ne m’empêche pas de faire, en même temps, des recherches sur le genre musical gnaoui, qui est une musique très riche et qui est devenue universelle.
-Vous dites que la musique gnaouie est devenue universelle? Dans les pays arabes peut-être?
-J’ai travaillé avec une entreprise au Qatar. Franchement, les Qataris ont été émerveillés par la musique gnaouie et j’ai découvert qu’elle avait conquis les pays du Moyen-Orient.
C’est dommage, qu’on ne soit pas contacté pour la manifestation culturelle arabe en Syrie.
Entretien réalisé par Sabraoui Djelloul
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com