Bechar - Revue de Presse

Le barbeau et l'eau



Disons-le tout de suite: nous ne sommes pas contre la protection de la nature. Ni pour la mort de milliers de poissons, aussi «barbeaux» soient-ils. Non. Le propos ici est de signaler cette action salutaire, qui mérite d'être relevée et qui s'est passée à Tiaret. La direction de l'Hydraulique de cette ville a ainsi procédé au transfert de 2 millions de m3 d'eau à partir du barrage de Dahmouni vers celui de Bougara, dans la wilaya de Tissemsilt. L'objectif de cette opération, qui a exploité le lit d'un oued pour le transfert de 4 millions de m3 d'eau, est de sauver de la mort par asphyxie des milliers de poissons du barrage de Bougara. L'action, en elle-même est, répétons-le, encourageante pour la protection de notre environnement. Encourageante n'était-ce le fait qu'ailleurs, dans ces deux wilayas, et ailleurs dans le pays, des Algériens sont quotidiennement et directement confrontés au problème du manque d'eau. Pire, dans certaines régions du pays, le manque d'eau est devenu un casse-tête quotidien pour des villages entiers du pays profond. Certes, des efforts considérables ont été faits dans les grandes agglomérations pour solutionner ce problème d'eau. Il faut en convenir. Mais, là, entre nous, aller au secours de milliers de poissons menacés de mort est quelque chose d'inconnu jusque-là en Algérie. Quand on voit des oueds défigurés par des millions de litres d'eaux usées, des déversements de produits toxiques, sulfureux, acidulés, des bords de mer mangés par les rejets domestiques, ce qui s'est passé à Tiaret interpelle tous les Algériens. Pourquoi ? Pour débattre s'il faut sauver des milliers de poissons d'un barrage envasé, ou sauver de la soif des centaines de milliers de villages de ce pays où les questions d'écologie ou de protection de la nature ne sont abordées que dans les manuels, ou des projets toujours mal ficelés, et en tous les cas jamais appliqués. Sinon comment expliquer l'invasion du littoral marin par les rejets domestiques charriés par des oueds non protégés, la chasse aux espèces protégées, le laxisme des autorités locales et les responsables de l'environnement devant les nombreuses prédations dont sont victimes les forêts, les oueds, le littoral ou même les grandes villes ?

L'opération transfert des eaux d'un barrage vers un autre en Algérie s'est déjà effectuée, mais jamais pour protéger la faune aquatique endémique d'un plan d'eau. Avec les premières chaleurs qui s'annoncent, il est plus que souhaité que les services chargés de la distribution de l'eau chez nous fassent un effort pour que les poissons de Tissemsilt ou de Béchar, peu importe la région, ne manquent pas d'eau. Pour la boisson, la douche quotidienne et la piscine.


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