Bechar - A la une

La peine de mort en sursis



La peine de mort en sursis
Les Algériens s'en fichent qu'on exécute un voleur ou un assassin. Ils réclament la mort aux seuls tueurs d'enfants.Tout acte d'infanticide suscite une grande émotion dans le pays. Les Algériens condamnent avec la plus grande énergie ce genre de meurtre. Le dernier crime en date, commis contre un enfant de 6 ans dans la région de Béchar, a été particulièrement horrible. Le corps démembré du petit Yacine a constitué le summum de l'horreur, bien que pour ce genre de crime, il n'est pas besoin de graduer la bestialité des meurtriers. Ce sont tous des monstres. En effet, tous les infanticides et les tentatives de meurtre ayant ciblé les enfants, ces derniers mois, ont suscité la même réaction dans l'opinion. Les Algériens n'admettent pas que de pareils individus puissent vivre parmi eux. L'aversion que provoquent ces criminels ne peut être quantifiée. Toute la population du nord au sud partage le sentiment des familles des victimes. «On sent monter une rage incontrôlable à la vue des images en rapport avec le crime», affirme un père de famille. Nihal, Yacine et tant d'autres victimes innocentes sont assimilés par les adultes à leurs propres enfants. «On n'imagine même pas que cela puisse se produire dans la famille», soutient notre interlocuteur. Mais d'un autre côté, «on ressent la douleur de ses familles et on voudrait leur rendre justice». C'est là le sentiment général au lendemain de chaque meurtre et à l'arrestation des criminels. Les Algériens réagissent à l'unisson, comme s'ils avaient été les propres parents des victimes et crient la même douleur. Ceci explique les marches de la colère qu'on enregistre à chaque découverte d'un cadavre d'enfant. A bien regarder ces manifestions de voisins des familles des victimes, on pourrait même dire que ce sont des marches de la douleur, comme pour exorciser le malheur qui a frappé toute la communauté. Les Algériens des autres régions du pays compatissent et se joignent, par écran de télévision interposé, à leurs compatriotes blessés. De fait, par le truchement de la médiatisation de ces crimes innommables, la réaction devient social et prend des allures sociétales, lorsque les sociologues, les hommes de religion et les hommes politiques prennent le relais des médias et tentent d'expliquer le phénomène. En fait, de phénomène, celui-ci n'est pas nouveau, à en croire les propos des services de police et de gendarmerie. Ce qui a changé, c'est la médiatisation de ces crimes qui prend des propositions assez grandes. Il y a lieu de relever qu'avant la multiplication des chaînes de télévision, des enlèvements et des meurtres d'enfants étaient pratiqués en Algérie, comme partout ailleurs dans le monde. Mais ces dernières années, l'onde de choc est décuplée par les médias.Nous en sommes là en Algérie où les manifestants, «fous de douleur», réclament l'application de la peine de mort à l'encontre des meurtriers d'enfants. La peine capitale, objet de moratoire en Algérie, depuis 1993, revient donc épisodiquement au-devant de la scène et l'insistance de la population amènera forcément les autorités à ouvrir le dossier. La précision de la revendication populaire sur la question mérite que l'on s'y intéresse. En effet, les Algériens s'en fichent qu'on exécute un voleur ou un assassin. Ils réclament la mort aux seuls tueurs d'enfants. L'absence d'un institut de sondage en Algérie empêche de jauger l'opinion publique sur le sujet, mais à voir la grande émotion que provoque chaque meurtre, on serait tenté de penser que les Algériens sont majoritairement en faveur de la peine de mort pour les assassins d'enfant. Mais en tout état de cause, tous les spécialistes affirment qu'il n'y a pas de corrélation entre l'application de cette peine et la prévalence du phénomène. En d'autres termes, quoi qu'on fasse, il y aura toujours des enfants qui se feront assassiner par des monstres. Aussi, l'argument de la prévention ne tient pas. Il faut tout simplement admettre que l'on veuille punir ces tueurs en leur ôtant la vie.
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