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La filière ph'nicicole en déclin malgré le soutien financier



La filière ph'nicicole en déclin malgré le soutien financier
Malgré une superficie de 13 904 ha, la production de dattes dans la wilaya de Béchar reste faible, et le prix de cette denrée nutritive augmente sans cesse, pour atteindre, en début de cette année, 450 à 500 DA le kilo. Un prix jugé astronomique eu égard au pouvoir d'achat du consommateur.Il faut cependant noter que le patrimoine ph?nicicole dans la wilaya est constitué de 1 585 950 palmiers dattiers, selon un chiffre communiqué par les services agricoles.Mais la superficie productive renseigne plus sur l'écart existant entre la superficie totale (13 904 ha) et celle en production (7812 ha). Quelque 966 990 palmiers dattiers produisent 300 484 quintaux, soit un rendement 38 quintaux à l'hectare. Traditionnellement, ce sont les oasis de la vallée de la Saoura, traversée par Oued Saoura, qui produisent, depuis la nuit des temps, les différentes variétés de dattes en automne. La région dispose de 62 oasis comprenant 4509 ha irrigués par l'oued Zouzfana et l'oued Guir, qui se rejoignent à Igli (160 km au sud de Béchar) pour former l'immense oued Saoura, dont les eaux, faute de retenues collinaires, se perdent dans la nature jusqu'aux confins d'Adrar.Pour rappel, les oasis de la wilaya de Béchar sont un lieu ancestral d'implantation des activités agricoles et aussi touristiques, où le palmier dattier est considéré comme l'élément fondamental de l'écosystème et aussi le maintien sur les lieux des populations qui vivent grâce aux revenus tirés de la production de la filière. Mais l'aspect qui alimente le plus la critique et qui reste la préoccupation majeure du citoyen est celui des prix. Sur 14 000 agriculteurs inscrits à la Chambre agricole, 9942 auraient bénéficié de l'aide financière de l'Etat, alors qu'ils étaient 5600 agriculteurs à avoir effectivement bénéficié de ce soutien financier.Mais l'échec de la production, aussi bien quantitative que qualitative, est dû, selon les experts, à l'incohérence de la démarche des pouvoirs publics, l'absence de rigueur dans le contrôle des sommes faramineuses allouées au secteur, l'opportunisme de certains, qui n'ont aucune attache avec le métier d'agriculteur -on trouve même parmi eux des élus- attirés par l'argent distribué à profusion dans les années 2000, et, enfin, l'effacement des dettes des agriculteurs non touchés par des sinistres. La combinaison de tous ces éléments a lourdement pesé sur un secteur déjà fragile, qui a fatalement périclité face à une demande exponentielle. Mais, les mêmes experts ajoutent un autre facteur essentiellement d'ordre organisationnel pour expliquer le peu d'abondance et la cherté des dattes sur le marché.Contrairement aux régions du sud-est du pays, à Béchar, il n'existe pas de coopérative de vente gérée selon le système Syrpalac. C'est un système de «régulation des productions agricoles à large consommation» et dont le rôle primordial est de permettre précisément aux producteurs de s'organiser dans des coopératives, de défendre leurs intérêts face aux spéculateurs et, également, ceux des acheteurs à faible revenu.Syrpalac est un organisme étatique peu connu, initié par le ministère de l'Agriculture dans le but de permettre à la population à revenu modeste d'accéder aux denrées alimentaires à des prix raisonnables, à l'instar des coopératives de vente de volaille, qui essaiment au niveau des quartiers dans plusieurs agglomérations. En tout état de cause, pour la filière dattes, il s'agit, selon les experts, de revoir de fond en comble le circuit de distribution, de mettre en place ces coopératives de consommation afin de pouvoir éradiquer l'anarchie qui sévit dans le secteur et lutter contre la spéculation qui érode le pouvoir d'achat.
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