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L'attachement au dromadaire toujours présent chez les nomades à Béchar Société



Les populations nomades de la wilaya de Bechar continuent, en dépit des développements enregistrés dans tous les domaines, de montrer un attachement particulier au dromadaire, pour diverses raisons.
L'attachement à ce mammifère, conforté par de multiples soutiens apportés par l'Etat pour la promotion de l'élevage camelin, a été pour beaucoup dans la préservation de cet animal, à la fois domestique, sauvage et surtout un compagnon fidèle des nomades des zones sahariennes de la wilaya.
Pour les nomades de la région, le dromadaire reste toujours un symbole de fierté, de prestige et de richesse, et constitue à lui seul l'emblème du Sahara autour duquel ont été tissées de nombreuses histoires et autres légendes.
Il est l'animal le plus cité dans la poésie locale, mais aussi le plus admiré par les touristes, tant nationaux qu'étrangers, qui n'hésitent pas à le monter pour vivre cette sensation de fierté d'être sur le "vaisseau du Sahara", disent la plupart d'entre eux.
Avec un effectif de 45.200 têtes dont 21.800 chamelles, l'élevage camelin reste très présent parmi les populations du sud du territoire de la wilaya de Bechar, notamment celles de Taghit, Beni-Abbès, et Tamtert où est répandu ce cheptel.
Un animal utile à plus d'un titre
Selon les traditions des nomades, le dromadaire qui se nourrit de plantes naturelles poussant dans les régions désertiques, est utile en tout, avec ses poils servant à tisser les meilleures Djellaba ou Burnous qui préservent les hommes du froid et de la pluie, et sa peau entrant dans la fabrication de gourdes (Guerba), des coussins, et khaïmas (tentes) adaptées au climat du Sahara.
De plus, sa viande contient peu de cholestérol, son rein et son urine sont utilises par les nomades dans la guérison de la jaunisse, son foie légèrement est riche en fer, alors la graisse de sa bosse, plus connue sous l'appellation de "Daroua", est indiquée par les nomades pour le traitement de problèmes respiratoires.
Jadis, une bête abattue pour les besoins de la consommation, était partagée scrupuleusement entre les membres d'une même tribu, les patriarches ayant droit à la moelle et à la cervelle, les guides recevaient la tête, les talebs (maîtres) des écoles coraniques le c'ur, les femmes le foie, et les vieillards l'épaule, raconte-t-on.
Les nomades disent que l'utilisation de ces parties du dromadaire, pour des besoins de santé, font partie de l'immense savoir acquis durant des millénaires par les populations des zones sahariennes.
Un animal sensible, fier et de grande endurance
Les nomades, sachant cet animal sensible et fier, ont su, de génération en génération, le protéger, le soigner et lui faire accepter la présence de l'homme, racontant, à ce propos, que s'il lui était fait du mal, il s'en souviendra 20 ans après.
Les éleveurs reconnaissent leur troupeau dans les immensités désertiques par des signes propres à chaque propriétaire, marqués au fer et visibles sur l'une des cuisses de l'animal.
Même chargé, le dromadaire peut marcher 7 kilomètres par heure et faire des trajets de 50 km par jour, tout comme il peut, en dépit du climat aride du Sahara, s'abstenir de boire durant 10 jours, grâce à la réserve qu'il stocke dans la graisse de sa bosse, soulignent des nomades rencontrés dans les régions de Taghit et Béni-Abbès.
Selon ces nomades, le dromadaire peut vous emmener là où aucun véhicule ne peut vous conduire, avec ses capacités d'endurance et d'adaptation à l'aridité des conditions naturelles, assurent-ils.
L'ouverture de nouvelles routes reliant les différentes localités de la wilaya, ajoutée au développement des transports, ont fait que le dromadaire n'est plus utilisé pour les voyages ou la charge des biens des nomades.
Il n'est élevé actuellement que pour sa viande ou pour le lait des chamelles, et n'effectue pas de travaux agricoles ou autres comme est d'usage dans les régions du sahel.
Le développement d'une industrie laitière cameline est nécessaire pour la promotion et la commercialisation du lait des chamelles, très prisé par les populations du grand sud, dont celles de Bechar, sachant que des chamelles bien nourries peuvent produire de grandes quantités de lait, estiment les nomades.
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