Le conflit persiste entre l’APC et le concessionnaire
Le décor est planté et le suspense est toujours entretenu autour du conflit qui oppose l’Assemblée populaire de Aïn El Türck et le concessionnaire du Camping «la Caravane» de Claire Fontaine.
D’après un élu municipal, «la DCP de Aïn El-Türck a mis en demeure ce concessionnaire l’intimant d’évacuer les lieux car il n’a pas respecté les clauses du contrat qui le lie à l’APC». En effet, toujours selon notre interlocuteur, le concessionnaire «n’a pas payé le moindre sou à l’APC depuis presque six années». De plus, souligne-t-il, «il a également transformé le camping en un parking, ce qui est illégal». «Nous sollicitons le wali d’Oran d’intervenir pour appuyer l’application de cette mise en demeure, auprès de la Direction du commerce», conclut-il. Pour rappel, l’ex-maire a cédé en 2002 le camping qui s’étale sur une superficie de plusieurs dizaines d’hectares à ce tiers pour la bagatelle somme de 70 millions de centimes par an, apprend-on. «Ce qui élève les créances de ce tiers auprès de l’APC à presque 350 millions de centimes», note notre interlocuteur.
Cela dit, d’après des sources proches du concessionnaire, «l’APC n’a pas honoré ses engagements quant à l’évacuation du bidonville qui s’est installé sur la moitié de la superficie du camping». «Il devient donc difficile d’exploiter le camping pendant la saison estivale dans le chaos que génère le baraquement. En tous les cas de figure, l’affaire est entre les mains de la justice qui tranchera», poursuit-on.
A ce propos, un autre son de cloche émane de l’APC. «Le camping a été cédé à ce tiers alors que le bidonville était déjà installé. Le concessionnaire exploite également le camping pendant les mois d’été. Les rentrées pécuniaires générées sont également faramineuses, loin des 70 millions/an, le montant du bail», explique-t-on. Pour les nostalgiques, ce camping familial figurait dans le célèbre ‘Guide Bleu’ français, jusqu’aux années 80. Il constituait une destination de marque pour les familles de l’intérieur du pays. et lors des intempéries qu’a connues la région vers la fin des années 90, la daïra a installé des tentes pour recaser les sinistrés. Au fur et à mesure, le bidonville s’est répandu pour occuper presque la moitié du terrain. Le drame des familles qui y habitent dans des baraques insalubres est dramatique, surtout pendant la saison estivale, réputée être des maladies dangereuses. La proximité de ce baraquement insalubre avec les tentes du camping constitue un danger de santé pour les estivants, ont relevé les agents de la DCP.
Les occupants du bidonville crient haro
Les occupants du bidonville du camping la Caravane, situé dans le quartier de Claire Fontaine, sollicitent, eux, l’intervention des pouvoirs publics. «Notre situation a atteint des proportions alarmantes. Plusieurs cas de tuberculoses et d’autres maladies respiratoires ont été détectés à cause de l’insalubrité des lieux. Nous lançons un dernier SOS», déclarent-ils. il faut dire que des amas d’ordures et des mares d’eau croupies y font office d’aire de jeux pour les enfants. C’est un vrai danger de santé publique. «Le site devrait être nettoyé», alertent dans ce contexte les riverains.
«Ils étaient initialement une dizaine de familles de sinistrés, leur nombre s’est quadruplé», relève-t-on. Dans des baraques construites de rouille et de plastiques, ces familles attendent d’être recasées. Mais les services de la daïra restent fermes quant à l’attribution de logements pour les occupants du Camping la caravane. «Ces derniers ont la plupart bénéficié d’un logement ou d’un lot de terrain auparavant. Ils n’ont nullement le droit d’acquérir un logement», notent nos interlocuteurs de la daïra. Quant aux nouveaux élus locaux, ils soulignent que «les quotas de logements sociaux devraient être attribués aux habitants originaires de la ville». Pour eux, «les occupants des bidonvilles sont des opportunistes qui ont pris en otage le destin de centaines de demandeurs de logements qui vivent dans la précarité la plus abrupte». «Nous ne cèderons pas au chantage déguisé des opportunistes», notent nos interlocuteurs de l’APC. In fine, le maire de Aïn El-Türck tient à souligner que pas moins de 150 familles vivent dans conditions similaires dans les bidonvilles de l’école TSF, les centres de colonies de vacances de la commune de Bechar et de la Sonelgaz ainsi que d’autres «récents occupants» enregistrés à Cap Falcon, Saint Roch, Paradis Plage et Trouville que la daïra veut carrément expulser. «Les 220 logements sociaux en cours de réalisation ne suffisent nullement à recaser tous ces occupants», conclura le P/APC.
Benachour M.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com