
L'échange artistique et la rencontre entre praticiens, foyer de créativité que tout les festivals culturels tentent d'entretenir, a été délaissé, pour des raisons financières, dans la programmation du 8e Festival national de musique diwan, a-t-on constaté sur place.Avec quinze troupes musicales en compétition et dix têtes d'affiche, entre amateurs, initiés, invités et anciens lauréats, cet événement aurait pu fournir à Bechar l'environnement idéal pour l'échange, l'apprentissage du jeu et des Bradjs du diwan (morceaux), la naissance de nouvelles voies de fusion et surtout favoriser la recherche.Mais le budget alloué à cette unique manifestation d'envergure dans la wilaya, estiment les organisateurs, ne permet pas de prendre en charge tous les participants et de les garder ensemble durant les sept jours du festival, tout en offrant les moyens logistiques nécessaires à cet événement.Prendre part à cette édition se résume, ainsi, à se produire sur la scène du stade Ennasr et à repartir le lendemain, avec l'espoir de recevoir l'un des trois prix ouvrant la voie pour la scène du festival international de musique diwan d'Alger qui se tiendra prochainement.Même si le spectacle y est, l'échange et la création restent absents de cette édition, éprouvée par les charges financières alors que le festival est doté d'un des plus petits budgets des festivals algériens à l'exemple de la location du matériel de sonorisation qui n'est pas disponible sur place.Pourtant, ce festival a permis la formation d'un nombre important de troupes de diwan à Bechar et dans d'autres régions d'Algérie, y compris dans celles où le rituel et la tradition n'existent pas comme Tindouf.Des diwan que les observateurs croyaient oubliés ont été redécouvert grâce à la compétition comme ceux d'Ouargla ou de Biskra.Basé sur la transmission orale, ce legs ancestral "nécessite la rencontre et l'échange humain pour durer". Même si les adeptes n'ont plus rien à apprendre, "la diversité de ce patrimoine reste une source intarissable d'inspiration", estiment des universitaires comme Azeddine Benyaâkoub.Ces universitaires et chercheurs, dont Abdelwahed Fadhel ou l'ethnomusicologue américaine Tamara Turner, voient en cet événement une occasion d'approfondir leurs recherches sur le diwan, où il reste "beaucoup à faire", vu qu'il réunit un nombre important de maîtres qui se retrouvent pour perfectionner leurs répertoires ou simplement jouer cette musique en dehors du contexte du spectacle, chose impossible cette année selon les organisateurs.Le commissaire de la manifestation, Hamdani Amari, a affirmé avoir tenté à plusieurs reprises "depuis 2013 de convaincre d'autres sources de financement en dehors du ministère de la Culture", sans grand résultat. En attendant, même le master-class qui sera présenté en clôture réunira des maâllemine (maîtres) de troupes locales au lieu de s'ouvrir aux diwan d'autres régions.Ouvert vendredi, le 8e Festival national de musique diwan se poursuivra jusqu'au 29 mai à Bechar avec une dernière soirée de compétition avant la clôture.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Algérie Presse Service
Source : www.aps.dz