Ce n'est pas encore la double vie entre plateau et scène, mais ça ne saurait tarder pour cette sémillante comédienne, au talent prometteur.
Liberté : Conventionnellement, les débutants vont vers le théâtre dans l'espoir de décrocher un rôle, tu dis que le théâtre est venu vers toi, veux-tu bien nous expliquer '
Zohra Manel Doumandji : Pour les besoins d'une pièce de théâtre pour enfants à la maison de la Culture de Batna, une amie m'avait demandé de l'aider à expliquer aux enfants comment interpréter leur rôle, car c'était en français. De fil en aiguille, je me suis retrouvée sur scène en train de mimer, de dialoguer et d'expliquer. J'avais 14 ans à ce moment-là. Les comédiens qui étaient au nombre de douze enfants avaient beaucoup apprécié et moi aussi.
Après les débuts à la maison de la Culture, il y a eu également les rencontres du vendredi pour les enfants'
Sans ces rencontres et pièces pour enfants, honnêtement, je serais passée inaperçue. Le premier et véritable rôle que j'ai décroché et interprété, ce fut grâce à un metteur en scène qui travaillait à la maison de la Culture, en l'occurrence Larbi Boulbina. Il préparait une pièce pour l'université de Batna, qui allait prendre part à un festival en Tunisie, et il m'avait donné ma chance. Il ne le regrette pas, et moi non plus ! J'ai obtenu un prix d'encouragement. Je méritais mieux mais le fait de ne pas être étudiante -je n'avais que 15 ans- m'a un peu freinée. Après cette agréable expérience, j'ai dû suspendre ma fièvre théâtrale, pour me consacrer à mes études, car je devais passer mon bac.
Et une fois étudiante '
J'ai redoublé de férocité disait Kateb ! (Rire prolongé).
À l'initiative du Théâtre régional de Batna, j'ai participé à un atelier théâtral expérimental, dont a été chargé le metteur en scène Chawki Bouzid.
C'est à ce moment-là, que j'ai connu véritablement la scène et toute la partie cachée au public par le rideau (jeux, mouvement, mimique, action'etc.), ainsi que les différents genres de théâtre (antique, baroque, classique). J'ai décroché à deux reprises, en Tunisie et au Maroc, lors des Festivals du théâtre universitaire, le prix de la meilleure interprétation féminine, que je n'avais pu avoir avant, à cause de mon âge.
Tu te tournes vers le cinéma, d'après nos renseignements '
Faux. Me tourner voudrait dire que j'abandonne le théâtre. Lors d'un stage de théâtre à Alger-et comme tout se passe à Alger-, j'ai participé à un casting où j'ai obtenu un rôle. Je ne m'y attendais pas beaucoup, mais après ma prestation, il y a eu des applaudissements. J'en ai eu la chair de poule, sincèrement. Je caresse un rêve d'enfance, monter les marches du Festival de Cannes. Le rêve est permis'
Cela va être une lettre à la poste comme pour le théâtre '
ll Je ne pense pas. Rien n'est gagné d'avance. Mais je compte m'appliquer et me donner à fond. En parlant de lettre à la poste, et à cause de certaines obligations, j'ai raté un rôle important dans une pièce en tamazight (chaoui), qui est en préparation pour le prochain festival national.J'aurais tant aimé jouer en langue maternelle. Entre mes études, le théâtre et le cinéma qui pointe le bout de son nez, j'ai intérêt à m'organiser.
R. a.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid Hamatou
Source : www.liberte-algerie.com