La stratégie prônée par le ministère de l'éducation pour la promotion de la langue tamazight est une stratégie d'échec.
La langue berbère a été introduite en 1995 dans le système éducatif à titre expérimental, mais elle y demeure toujours. Nous demandons depuis 10 ans à ce qu'on fasse un audit pour établir les bilans et l'évaluation de cette expérience, mais rien n'a été fait. La responsabilité incombera, seulement, au ministère de l'éducation nationale en cas d'échec de l'expérience», a déclaré M. Yousef Merahi, secrétaire général du Haut commissariat à l'amazighité (HCA), lors d'une conférence, organisée mercredi, à la maison de la culture Mouloud Mammeri de Tizi Ouzou, à l'occasion du 32e anniversaire du Printemps berbère.
Dressant un constat alarmant sur l'état des lieux de tamazight, 17 ans après son introduction dans l'enseignement, le conférencier a regretté : «Cette année le tamazight concerne environ 250 000 apprenants. Mais elle a disparu dans 7 wilayas dont Biskra, Tipasa, Oran, Ouargla et Batna. Il est possible qu'on perde aussi la capitale dans un an ou deux ans. A Alger, il reste seulement 40 élèves qui poursuivent ces cours, qui sont assurés par deux enseignantes». Le ministère de l'éducation, selon M. Merahi, avait imposé, d'entrée, des conditions draconiennes pour son enseignement. Et ce, «à l'exemple de conditionner la création des classes pour son apprentissage dans les wilayas suivant la demande sociale. Il y a aussi le caractère facultatif de son enseignement, qui se traduit par l'autorisation parentale et le fait que rien n'est fait pour créer des écoles de formation pour les enseignants», soutient le conférencier.
Or, «nous avons demandé à ce qu'elle soit enseignée obligatoirement à partir de la 3e année et pourquoi pas, à partir de la 1ère année. Aussi, ouvrir 3 écoles de formation pour les enseignants à Tizi Ouzou, Batna et une au sud du pays».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nordine Douici
Source : www.elwatan.com