La coopérative « Afaq » des arts dramatiques de Batna joue ces jours-ci sa nouvelle pièce théâtrale intitulée « Histoire d'un pistolet », une adaptation du livre « Un quart d'heure avant sa mort » de Paul Valéry au théâtre régional de la ville éponyme. La pièce, mise en scène par Lotfi Bensbaa, raconte l'histoire de Saïd, un jeune Algérien qui a tout perdu après l'effondrement de la maison familiale et le décès de ses parents. C'est un drame social qui met en exergue la nécessité de la prise en charge du patrimoine matériel, mais aussi de la confiance en soi et en l'avenir. Saïd du jour au lendemain est sans domicile fixe. Au lendemain du drame, le jeune s'installe sur les décombre d'une ville antique, après avoir vendu les quelques objets de valeur qui lui restaient pour survivre et assurer sa pitance. Saïd pense sérieusement au suicide pour mettre un terme à sa souffrance et à sa misère, après avoir dépensé le peu d'argent qu'il avait. Il décide à se tirer une balle dans la tête avec son vieux pistolet que personne ne veut acheter. Un riche commerçant, collectionneur de vieux objets et de pièces archéologiques, arrive sur ses entrefaites. En quelques mots seulement, il le convainc que son arme ne fonctionne plus. En réalité, il recourt à ce stratagème simplement pour que n'advienne pas le drame. Il promet à Saïd une autre arme pour l'aider, soi disant, à mettre un terme à sa vie. Watson, un jeune Anglais, intervient à ce moment et demande à l'infortuné de lui vendre le pistolet qui réellement fonctionne sans toutefois se soucier de sa vie. Le collectionneur s'y oppose. Commencent alors les enchères. Les deux hommes proposent à Saïd des sommes astronomiques en contrepartie de l'arme en question. Quelque peu étonné, le jeune demande la raison de l'intérêt des collectionneurs à son arme. Ceux-ci lui expliquent que le pistolet appartenait à l'Emir Abdelkader. Il décide dès lors de ne pas vendre son arme parce que, pense-t-il en son for intérieur, sa valeur symbolique n'a pas de prix. Une simple discussion avec le collectionneur suffit pour que Saïd devienne riche. Saïd a avoué son amour à la fille du commerçant qu'il a par le passé sauvé d'un viol collectif. Ils décident de se marier, après acquiescement du père de la fille. Il deviendra riche et épanoui autant sur le plan matériel que sentimental. La morale de la pièce est que la vie nous réserve parfois de très bonnes surprises. Aussi ne faut-il jamais perdre espoir. Mohamed Zaoui, qui a fait l'adaptation du texte, estime que dans la vie l'espoir est toujours permis. Même dans les moments les plus difficiles où l'on pense avoir tout perdu, il existe souvent une issue. M. Zaoui souligne que quitter son pays, parce qu'on n'a pas de poste de travail, est un signe de faiblesse et d'irresponsabilité. Ceux qui pensent trouver sous d'autres cieux ce qu'ils n'ont n'a pas chez eux se trompent souvent. Parce que pour vivre heureux, il faut mettre en valeur ce que l'on a et apprendre à se connaître bien. C'est dire que la réussite qui se développe et s'épanouit davantage est celle qui se réalise en soi et chez soi.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djamel O
Source : www.horizons-dz.com