Comment faire face au péril jeune ?
Le chef de l’Etat présidera aujourd’hui une réunion des walis, élargie aux cadres de la nation, sur le dossier de la jeunesse.
Quelle politique en effet mettre en œuvre pour redonner des perspectives d’espoir à une jeunesse qui n’a plus le choix qu’entre rejoindre les maquis terroristes, tenter l’impossible traversée de la mer pour réaliser le rêve européen ou, à défaut de l’un comme l’autre de ces deux choix, verser dans la consommation de la drogue, prélude à une descente aux enfers? Les travaux en ateliers qui ont commencé hier ont permis de cerner globalement les axes qui guideront la réflexion sur cet énorme chantier. Pourquoi une rencontre président de la République / walis, dans un cadre habituellement réservé à faire surtout le bilan périodique des programmes de développement local? A en croire une source digne de foi, le dernier attentat qui l’avait ciblé à Batna a fini par persuader le chef de l’Etat de la nécessité et de l’urgence d’une nouvelle politique pour la jeunesse et que les habituels discours pompeux et démagogiques sur cette frange majoritaire de notre population ne sont plus en phase avec la réalité. D’où une nouvelle politique qui tient compte des mutations politiques, sociologiques et économiques dans un monde où la notion de frontière géographique n’a plus grand sens face à la révolution numérique. On se souvient du discours prononcé par le président de la République, le 5 juillet dernier, devant la hiérarchie militaire, quand il a ciblé à juste titre le déphasage qui existe entre la génération de la Révolution qui avait ses idéaux et ses ambitions et les générations post-Indépendance.
La situation que nous vivons actuellement n’est pas d’ailleurs sans rappeler celle que le pays avait vécue en octobre 88, où la jeunesse -alors corsetée dans un système politique qui l’étouffait- était descendue dans la rue. C’était alors la fin du parti unique et l’ouverture d’une nouvelle ère politique qui a débouché sur le pluralisme politique. Presque vingt ans après, on se retrouve quasiment dans la même situation avec une jeunesse majoritairement en déréliction.
Il s’agira pour les pouvoirs publics de prendre les devants avant que l’histoire ne se répète encore une fois. Il s’agira surtout pour les participants à la réunion d’aujourd’hui de faire un diagnostic sans complaisance des politiques et autres mécanismes censés répondre aux attentes de la jeunesse. Sur ce point, force est de constater que c’est l’échec. L’offre d’emploi est nettement inférieure à l’offre, le dispositif ANSEJ ayant montré ses limites, le système de formation et d’éducation est au bord de l’asphyxie. D’où la situation actuelle qui menace d’une explosion quasi programmée. Il appartient donc aux walis, qui sont les représentants locaux de l’Etat et la surface de contact avec les citoyens, de faire des propositions d’actions concrètes et immédiates. Sauf que la définition d’une nouvelle politique pour la jeunesse nécessite une large consultation qui doit aller au-delà des représentants de l’administration...
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com