Concernant les multiples interrogations autour du patrimoine culturel, en particulier les salles de cinéma, fusant ça et là des milieux artistiques, le chef de daïra s'est montré catégorique: «Il n'est pas question que ces salles changent de vocation. » Une réponse cinglante aux élus locaux qui projetaient de les transformer en salle de sport et autres complexes de service. Il a exhibé en guise de preuve, les budgets alloués à la réfection et la réhabilitation de chacune de ces salles, soit 72 MDA (millions) au total. Seulement, il convient de faire remarquer que l'une d'elle, située à Parc à Fourrage, fait déjà office de locaux pour couturières, qu'une autre, sise à la cité Chikhi, est léguée à une association, et qu'une troisième, le Casino, est cédée au club de football local (CAB). Parmi les artistes qui ont manifesté leur mécontentement en occupant la place publique la semaine dernière, beaucoup restent sceptiques, et expriment leurs craintes quant au transfert de ces infrastructures à la direction de la jeunesse et des sports (DJS).
Cet éventuel transfert est dicté, selon le même chef de daïra, par l'incapacité de la direction de la culture à jouer pleinement son rôle. Par ailleurs, Batna qui, diront d'aucuns, recèle des compétences incontestables dans le domaine, est capable de fournir des gestionnaires en mesure de redresser la situation. D'ailleurs, l'occasion a permis d'évoquer la triste expérience d'un directeur placé, dans un passé récent, à la tête de la direction de la culture alors qu'il travaillait dans une fabrique de lait. L'autre problème concerne la bâtisse connue comme étant la bibliothèque communale, mais qui en fait sert de centre culturel à la ville.
Cette infrastructure, ayant déjà fait l'objet d'un article dans nos colonnes et qui avait, pour rappel, fait l'objet d'un mystérieux cambriolage (8 microordinateurs), était destiné, selon le projet de l'APC, à àªtre une salle de sport. Sa directrice, Atika Bouakkaz, nous a fait part de son inquiétude en ces termes: «Je pensais que les autorités locales s'apprêtaient à allouer au centre son budget de fonctionnement. J'ai été appelée à une réunion où le P/APC m'avait promis d'en débattre à ce sujet, et donné l'assurance que le centre allait enfin redémarrer.» Elle nous a livré le seul atout en sa possession, à savoir le bilan d'activité: «Un orchestre de musique classique qui a représenté Batna à plusieurs festivals nationaux et internationaux, une chorale polyphonique, des cours de danse classique et moderne, des cours d'art plastiques et de dessin destinés aux enfants, ainsi que plusieurs centaines d'ouvrages mis à la disposition des lycéens et des étudiants qui s'y sont habitués.»
Un matériel de musique estimé à plusieurs centaines de millions de dinars, attend depuis longtemps d'être rentabilisé, a-t-elle déploré, alors que de jeunes musiciens ne trouvent même pas où exercer leur talent. Face à ces jeunes artistes qui manifestent leur détresse, elle déclare détenir la solution. «Pourquoi ne leur permet-on pas d'exploiter cette infrastructure au lieu de la transformer en autre chose '» préconise-t-elle.  Â
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com