
Le verdict de 3 mois de prison ferme prononcé, dans la matinée de lundi, par le tribunal de Batna contre R.Y., a surpris maître Mohamed Larbi Djaafer, avocat de la défense.«Je conteste ce verdict et je fais appel sans tarder», nous a-t-il déclaré à sa sortie du tribunal. Pourtant, lors de sa plaidoirie, la semaine dernière, tout plaidait pour l'accusé. L'avocat cite l'article 386 du code pénal dans son alinéa 1 qui stipule qu'une affaire civile ne passe jamais au pénal.L'accusation portait sur le refus du mis en cause d'évacuer les lieux. Les lieux en question, c'est sa maison, héritage qu'il partage avec son frère et ses enfants. Il s'agit d'une ferme connue sous le nom de «ferme Bennedjaï» et que les Batnéens connaissent bien pour avoir servi durant la Guerre de Libération de lieu de réunion pour les moudjahidine.L'affaire remonte aux années 1972 où 35 hectares ont été nationalisés sans que la ferme soit touchée par la décision. En 2006, l'Urbaco devait lotir le terrain et le répartir entre les éventuels investisseurs puisqu'il se trouve dans la zone industrielle. Les héritiers ont alors refusé l'indemnisation qu'ils trouvaient dérisoire.Un lot a été cédé ) une entreprise de fabrication de médicaments qui aurait bénéficié, selon Me Djaafer, d'un crédit et qui, à sa surprise, s'est transformée, plus tard en une entreprise de commercialisation de boissons alcoolisées ! «Il est question que mes clients quittent le terrain, mais à aucun moment ils ne devaient quitter la ferme.Aucun document dans le dossier ne parle de ferme», nous explique l'avocat, ajoutant que les tenants de ladite entreprise se sont présentés, le 11 septembre dernier, avec des bulldozers sans ordre ni autorisation de démolir émanant de quelque autorité que ce soit. Encore mieux, au lieu d'être accompagnés par la force publique, ils étaient flanqués d'agents de sécurité relevant d'une entreprise privée de gardiennage que l'avocat qualifie de «force parallèle».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com