Batna - Revue de Presse

Transport Du mouvement à terre, mais le ciel reste figé



Autoroutes, métro, tramways...et rail... Le secteur des Transports connaît une période faste. C'est là, où la manne pétrolière, objet de toutes les discussions, des appétits et des rancoeurs sociales trouve sa traduction la plus visible et sans doute la plus consensuelle. Un journal public a fait de Ahmed Ghoul, le ministre de l'année... Sans doute, sa présence permanente sur les chantiers pour faire respecter des échéances de réalisation à forte teneur politique y est pour quelque chose. Mais être à la tête du ministère des Travaux publics comporte des soucis mais aussi une chance : le secteur est devenu, faute de capacité d'absorption de la manne pétrolière par l'économie nationale, un choix d'investissement public logique. Les choses bougent en effet, à terre, mais pas vraiment dans le ciel. Outre, l'autoroute Est-Ouest en cours de réalisation par les japonais et les chinois, deux nouveaux projets sont en préparation : l'autoroute des Hauts Plateaux et l'autoroute Nord-Sud. La grande satisfaction des nombreux experts nationaux a été de voir que le secteur du rail, longtemps délaissé, est en train de connaître une nouvelle jeunesse avec des investissements conséquents de plus de 16 milliards de dollars sur cinq ans. Il s'agit non seulement de rattraper le retard mais aussi de réaliser et de moderniser au cours de cette période plus de 1.700 km de voie, soit près de 50 % du réseau existant. Pour les grandes villes du pays, largement saturées en matière de circulation automobile, la réalisation du métro (Alger) et des projets de tramways (Alger - Oran - Constantine) est attendue avec impatience. Le problème est que les projets d'extension des routes et autoroutes ne seront pas terminés avec 2009 ou 2010 alors que les ventes de véhicules continuent d'augmenter à grand rythme, dopées par le crédit automobile et l'arrivée sur le marché de voitures chinoises à des prix attractifs pour les petites bourses. A cela s'ajoute, les pressions des pays occidentaux, en négociation avec l'Algérie pour son accession à l'OMC, qui exigent que soit levée l'interdiction d'importer des voitures d'occasion. L'Algérie va devoir, selon toute probabilité, céder sur cette question dans les mois à venir. Il ne fait pas déjà bon de conduire dans les grandes villes, cela le sera davantage... L'amélioration de l'offre en matière de transports publics (Train, métro, rail et bus) sera donc essentielle pour les prochaines années. Cela semble être pris en compte dans l'action des pouvoirs qui, outre la réhabilitation de la compagnie de transports urbain d'Alger (ETUSA), a doté les villes d'Oran, Annaba et Constantine d'Entreprises Pilotes de Transport Public Urbain. Il est également prévu de créer 10 nouvelles entreprises de transports publics dans les chefs-lieux des wilayas de Batna, Blida, Tébessa, Tlemcen, Tiaret, Tizi-Ouzou, Djelfa, Sétif, Skikda et M'sila. C'est dans ce domaine où l'on peut agir pour stopper la dégradation de la qualité de la vie des citoyens des villes. Dans le secteur portuaire et malgré des résistances syndicales, on attend, probablement pour les mois prochains, l'entrée de Dubaï Ports World, qui pourrait prendre la concession des terminaux des ports d'Alger et de Djendjen. Dans un secteur qui bouge, que ce soit en matière d'infrastructures, voire de l'arrivée de nouveaux acteurs, le transport aérien demeure figé. Le passage de la comète Khalifa Airways a littéralement figé le paysage des intervenants dans le transport aérien. Si pour les banques le verrou a été récemment levé, les choses ne bougent pas dans le domaine du transport aérien. La seule évolution notable est le renforcement des capacités de Tassili Airlines, filiale de Sonatrach. Mais cela n'introduit pas encore une concurrence sur le marché dont les prix, comparativement aux offres qui existent chez nos voisins où se développent des compagnies low-coast, restent très élevés. Là également, ce sera l'OMC qui lèvera le verrou... qui ferme encore le ciel...
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