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«Si le public ne vient pas au théâtre, nous allons vers lui»



«Si le public ne vient pas au théâtre, nous allons vers lui»
Vous avez décidé de marquer l'hommage à M'hamed Benguettaf lors de cette édition du festival. Que représente-t-il pour vous 'Cet hommage est un devoir. Ce fut un grand dramaturge qui a beaucoup donné au théâtre algérien. En tant que directeur, il a fait du TNA un passage obligé pour des créateurs africains et étrangers. Il a aussi donné leur chance aux jeunes et a initié les Journées du théâtre du sud et encouragé ainsi cette région. Pour nous, l'hommage est un engagement à continuer dans le même sens.- Vous programmez d'ailleurs des troupes du sud en off. Est-ce une manière de les encourager 'Nous observons actuellement une dynamique du théâtre dans le sud du pays. Il n'est pas question de les laisser à la marge. Nous tenons à les associer au festival, de même qu'aux ateliers de formation. Cette base académique leur permettra d'aller plus loin, vers des théâtres régionaux dans le Sud.- La compétition officielle est réservée aux théâtres régionaux. Les coopératives et associations n'ont-elles pas le niveau pour concourir 'Non. C'est le règlement intérieur qui le stipule. Chaque théâtre régional propose une pièce. Il y a du reste deux coopératives en compétition, lauréates des festivals locaux de Sidi Bel Abbès et de Guelma. Pour les prochaines éditions, nous proposons d'établir une sélection qui mettra en compétition les théâtres régionaux afin de conserver uniquement «la crème».Pour en revenir à la question de la distinction entre théâtre professionnel et amateur, on dit souvent que la différence est «sur la fiche de paie» ! Les théâtres régionaux ont aussi des moyens techniques et logistiques plus importants. Les troupes d'amateurs compensent par leur passion pour le théâtre. Notre rôle est de contribuer à élever le niveau global en offrant des opportunités de formation.- Concernant les ateliers, vous avez décidé de les limiter à un seul durant tout le festival, pourquoi 'Je suis contre la formation superficielle. Il faut viser la professionnalisation. Nous avons donc choisi un grand homme de théâtre en la personne de Djawad al-Assadi. Il prendra le temps de former 15 jeunes producteurs (amateurs ou professionnels) issus de tout le pays. Le but est de gagner des producteurs mieux formés pour notre théâtre. Au-delà de la durée du festival, ce sera un cycle d'ateliers de formation qui se poursuivra au TNA durant toute l'année.- La participation étrangère a aussi été limitée à une seule troupe?Il faut que cette participation nous soit bénéfique. Nous ne sommes pas là pour financer la venue de troupes étrangères pour une représentation sans autres retombées. Notre optique pour l'avenir est d'inviter, à chaque édition, une troupe d'envergure internationale pour profiter de son expérience. Les colloques seront également destinés à en tirer le plus d'enseignements. En outre, il existe un festival international de théâtre à Béjaïa. Notre festival a d'abord une vocation nationale.- Cette édition sera aussi marquée par des spectacles de proximité. Est-ce une manière de reconquérir le public perdu du théâtre 'Si le public ne va plus au théâtre, c'est à nous d'aller vers lui. Avec cette scène mobile, nous travaillons à améliorer le rapport du citoyen au théâtre. De plus, c'est un espace supplémentaire pour les troupes hors compétition. La décennie noire a fait que les gens allaient moins au théâtre.Par la suite, nous sommes entrés dans une culture de l'événement : le public vient en nombre lors des festivals uniquement. Mais un vrai public de théâtre est celui qui va acheter son billet pour aller voir des pièces tout au long de l'année. Pour recréer cette habitude, nous devons proposer un programme constant et de qualité. Les médias, publics ou privés, ont aussi un rôle à jouer dans cette reconquête du public.- Au théâtre de Batna, vous aviez ?uvré à la promotion du théâtre amazigh. Retrouvera-t-on des pièces en cette langue au festival 'Non, pas pour cette édition. Mais je tiens à dire que le théâtre amazigh remonte à très loin dans le temps. Avec le Festival national du théâtre amazigh de Batna, nous tentons de lui donner un second souffle. Aujourd'hui, les troupes nous contactent de l'étranger pour y participer et nous trouvons des troupes amazighophones toutes les régions du pays.C'est un grand acquis. Pour le programme off des prochaines éditions, nous retiendrons les lauréats du festival amazigh de Batna et de tous les autres festivals de théâtre : création féminine d'Annaba, théâtre amateur de Mostaganem, etc.


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