Batna a accueilli avant-hier, le réalisateur et son équipe pour la projection de sa dernière 'uvre, qui a fait revivre le septième art dans cette régionLa salle de cinéma de la maison de la Culture de Batna a renoué des liens avec un public qui a déserté les salles obscures depuis belle lurette, d'autant que ce n'est plus les mêmes cinéphiles ni la même génération mais c'est toujours bon à prendre, plutôt à regarder. Cette réouverture en ce début de mois de septembre fut l'occasion de voir et d'apprécier le dernier film du réalisateur Moussa Haddad Harraga Blues (2013), désigné par les critiques du cinéma comme étant le moins conventionnel, pourquoi ne pas oser le terme et dire, celui qui refuse le troupeau et le travail symétrique. Ses réalisations et 'uvres parlent de lui : L'inspecteur Tahar, Une cigarette pour Ali, Les Enfants de Novembre resteront à jamais gravés dans la mémoire des cinéphiles algériens.
Dans cette nouvelle production, le réalisateur ne s'est pas éloigné de son sujet favori : l'"Homme", même si d'habitude il préfère l'enfant. Avec l'âge, Moussa Haddad est monté d'un cran, pour nous narrer et mettre en scène de jeunes Algériens confronté aux pires des difficultés, cherchant à fuir des horizons bouchés, quitte à faire appel à des passeurs de mer. Mais c'est au c'ur même de ce tourbillon, de cette phase et tranche de vie la plus difficile, qu'une solution peut apparaître, aussi inattendue que cela puisse paraître, l'eldorado n'est pas ailleurs mais içi en Algérie.
Il suffit juste de bien voir, et ne pas chercher trop loin, ce qu'on possède dans les creux de la main. Harraga Blues peut être une chanson de Bernard Lavillier sous le titre : T'as cherché trop loin. Hormis le film, la présence du réalisateur et de son équipe à Batna a attiré un large public venu assister à la projection. On retrouve des cinéphiles qui ont connu le bruit de l'appareil de projection, d'autres non, une génération vidéo et smartphones, qui n'ont jamais entendu parler entracte, bobines, et opérateur projectionniste.
La sémillante, mais aussi brillante Zahra Manel Doumandji, originaire de la ville, a fait ses débuts au théâtre avec plusieurs distinctions, elle figure au casting et tient un rôle dans le film, qu'elle interprète avec brio.
D'ailleurs, c'est peut-être une des raisons de la projection du film dans l'Algérie profonde à 500 km de la capitale qui monopolise 90% des activités culturelles dans un hégémonisme qui ne dit pas son nom, sachant que ce ne sont pas les comédiens et acteurs talentueux qui manquent : Chouki Bouzid qui a interprété le rôle du défunt Boudiaf (si Tayeb el watani) dans le film Ben Boulaïd ou encore Ali Djabara, Samir Oujite et bien d'autres qui rivalisent avec les meilleurs. Mais pour faire la part des choses il n y pas que ça pour que le cinéma revive. Absence de sponsor (hormis la papeterie Guerfi qui a mis la main à la poche), absence de salle de projection digne de ce nom, mort sinon agonie de la tradition d'aller au cinéma et c'est peut-être le problème majeur, car n'ayons pas peur de le dire le cinéma est une affaire du monde mondain, mais il concerne tout le monde. Présents à cette rencontre, les responsables du secteur culturel de Batna promettent de ne ménager aucun effort pour que la tradition soit rétablie.
R H
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rachid Hamatou
Source : www.liberte-algerie.com