Batna - Revue de Presse

LES UNIVERSITAIRES TIRENT LA SONNETTE D'ALARME La gestion des déchets est catastrophique



Entre lalégislation sur la protection de l'environnement et la réalité du terrain, unénorme fossé s'est creusé.Les textes de loine sont jamais appliqués et les taxes sur la pollution sont inexistantes, selonle professeur Belbachir, présent, hier, au séminaire national sur «la gestionintégrée des déchets», organisé à l'ENSET. Une rencontre qui se veut uneévaluation des projets de recherche réalisés et traitant de la problématiqueenvironnementale. Traitement des déchets hospitaliers, ménagers et industrielset leur recyclage, l'environnement urbain et le développement durable, ladégradation de la qualité des eaux naturelles par les rejets d'eaux usées urbaineset industrielles... Tant de sujets abordés par des chercheurs universitairesvenus de l'Ouest qui, à travers leurs communications, ont donné un état deslieux, pas très reluisant, sur la gestion des déchets. Parlant de la gestiondes déchets hospitaliers au niveau national, le Pr Belbachir qualifie lasituation de moyenne, mais pour la wilaya d'Oran le verdict est sévère. Le mêmeinterlocuteur considère la situation de catastrophique arguant que «cettewilaya a été devancée par d'autres à l'exemple de Sétif et Batna qui ont faitdes efforts en matière de gestion des déchets hospitaliers en commençant par letri et la séparation des différents déchets dans des sachets en plastique decouleurs différentes». Chose qui n'est pas encore appliquée à Oran, estime lemême interlocuteur. Preuve en est, «les déchets hospitaliers sont entassés dansun même sachet. Entre le dépôt et la collecte de ces déchets l'intervallehoraire est large. Le ramassage se fait de façon aléatoire sans aucun moyen deprotection pour les éboueurs». Résultat de cette négligence, des enfantss'amusent à ouvrir ces sachets et manipuler tous les objets, seringues, tubes àessai... qui attirent leur attention. Un danger qui peut être fatal pour leursanté et qui ne se limite pas aux déchets hospitaliers seulement, les déchetsindustriels ont le même impact et peuvent générer des risques encore plusimportants. Pour donner unaperçu sur la situation, le Pr Belbachir sera formel en déclarant que: «sil'Etat appliquait les normes internationales dans le traitement des déchets, lamajorité des sociétés et entreprises, publiques ou privées fermeraient leursportes». A titre d'exemple, il citera les ravages causés à l'environnement parles usines de tannerie, les textiles, les usines de production desinsecticides, des colorants et peintures sans oublier les usines à technologiedépassée qui posent, actuellement, un véritable problème d'environnement dufait qu'elles sont récupérées par des tiers sans aucune maîtrise de latechnologie actuelle. En clair, il lancera que «la pollution est un signe dedéveloppement et les pays développés, pour préserver leur environnement, ontopté pour une nouvelle formule, celle d'exporter la pollution. Ces paysfabriquent un produit quelconque dans un pays sous-développé profitant d'unemain- d'oeuvre à moindre prix et importe ensuite le produit fini dans leur paysen laissant la pollution pour le pays producteur». Abordant, pour finir, leproblème de la recherche scientifique, le même professeur «estime inconcevablede réserver un budget de moins de 1% pour la recherche et de laisser le vide enmatière de législation sur le dépôt de brevet et contribuer ainsi à ladémobilisation des chercheurs. Témoins de cette situation lamentable, lesprojets de recherche finissent tous dans les tiroirs. Ce genre de séminairessont organisés juste pour un échange de contacts entre universitaires etchercheurs», conclut le même professeur.
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