Les enseignants et travailleurs du centre de formation professionnel et apprentissage (CFPA), filles, de Kéchida, affiliés au syndicat national de la formation professionnel (SNFP) ont observé, hier, une journée de grève.
Cette protestation a été décidée lors d'une réunion tenue la semaine écoulée et sanctionnée par un communiqué adressé aux différents responsables hiérarchiques, dans lequel ils ont rappelé tous les aspects négatifs qui entravent, selon eux, la bonne marche du centre. Djamel Mazouz, secrétaire de la cellule syndicale qui porte également le chapeau de secrétaire du bureau de wilaya, était catégorique: «Nous vivons depuis longtemps sous le joug de la responsable pédagogique qui fait sa loi et qui parfois supplante les prérogatives du directeur.»
Il n'hésitera pas un instant à dénoncer les manipulations de certains inspecteurs qui seraient poussés à intimider les enseignants qui affichent leur mécontentement face aux anomalies affectant les bons rapports pédagogiques entre l'enseignant et ses responsables. Ces déclarations sont carrément rejetées par le directeur du centre, Ahmed Smadi, qui considère pour sa part que les grévistes sont mus par l'esprit de vengeance et qu'il n'existe aucun problème pouvant entraver le bon fonctionnement du centre.
Et pourtant, s'agissant du bon fonctionnement, ce centre faut-il le rappeler, est le seul dans toute la wilaya destiné exclusivement à la gente féminine et qui dispense des cours et apprentissages purement féminins. Son internat occupé par des élèves relevant du ministère de la Justice dans le cadre d'une convention, prive un grand nombre de filles habitant loin de Batna. Le directeur affirme que depuis 1997 aucune demande d'internat ne lui a été adressée. Une pétition a été signée par 13 stagiaires, dont nous détenons une copie, datée du mois d'avril de l'année en cours, dans laquelle elles rappellent au directeur qu'elles n'ont jamais cessé d'émettre des demandes pour accéder à l'internat, mais en vain.
Une situation grave si l'on considère que le centre conçu pour toute la wilaya au vu de sa spécificité, n'ouvre pas l'internat aux stagiaires qui sont prioritaires, et privilégie des élèves extérieurs au secteur, fussent-ils des employés du ministère de la Justice. Le directeur, contacté par téléphone, nous concède que trois filles sont venues le solliciter pour l'internat, mais ne pouvant pas l'organiser pour trois filles seulement, il aurait fait des démarches auprès des responsables de la cité universitaire et qu'elles auraient bénéficié de chambres.
Sur les lieux un groupe d'une dizaine de filles ont tenu pourtant à apporter leurs témoignages en nous déclarant qu'elles sont nombreuses à squatter les chambres de leurs amies ou proches à la cité universitaire au risque d'être jetées dehors en fin de journée et ne savoir plus où aller. Cette situation laisse une brèche à d'autres problèmes encore plus graves. Voilà une situation qui doit mettre la tutelle devant ses responsabilités et le plus tôt serait le mieux. Puisque une commission ministérielle est exigée par l'une comme par l'autre partie, administration et administrés, alors pourquoi attendre pour mettre à jour ce qui est à l'ombre '
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com