Si El Moudhniboune ou (les pécheurs), écrite et réalisée par Ahmed El Aggoun, deuxième production du théâtre régional de Batna pour l'année 2013, n'a pas convaincu le public venu nombreux, la semaine passée, assister à la générale, elle aura au moins servi à délier les langues au sujet de ce qui est tacitement qualifié de partage du butin.
Le texte a été rejeté une première fois par la commission de lecture et a été imposé lors de sa deuxième soumission à la même commission, témoignent plusieurs personnes membres ou proches de ce jury. «C'est vrai que mon texte a été refusé la première fois. J'ai apporté des rectificatifs et je l'ai arrangé de manière à convaincre la commission», reconnaît Ahmed El Aggoun. La trame nous rappelle étrangement la situation représentée par la pièce Montserrat d'Emmanuel Roblès réalisée par Djamel Guermi et produite par la coopérative culturelle de théâtre «Port Saïd» dont la générale s'est déroulée sur les planches du TRB au mois de février. Un groupe de personnes se retrouve dans une salle et doit marchander sur celui qui, le premier, passe l'arme à gauche ! Mais si les protagonistes mis en scène par Emmanuel Roblès sont des prisonniers et dont la mort doit servir de pression, Ahmed El Aggoun, lui, n'a pas besoin de justifier les raisons de la sentence.
Des personnes se rencontrent par hasard dans une salle d'attente d'un bureau d'avocat, se mettent chacun à son tour à raconter son histoire intime comme s'ils se connaissaient depuis très longtemps! Il s'agit du théâtre mental, nous expliquera l'auteur et réalisateur Ahmed El Aggoun en reniant tout lien avec le théâtre d'Antonin Artaud. «Ca n'a rien à voir avec Antonin Artaud, je dirai simplement que ma pièce relève du théâtre mental», dira-t-il. Les spécialistes auraient également remarqué le grand gâchis qu'est la dépense consentie dans les décors qui sont restés muets et ne cadraient nullement avec la représentation. La pièce aurait été un long ennui, n'étaient les mimiques improvisées par Ramzi Kedja bien connu du public batnéen. Tout ça pour ça ! Et dire que plusieurs réalisateurs et auteurs de valeur, écartés parfois de manière explicite, sombrent dans le chômage.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com