En matière de lutte contre la fraude et la contrebande, les Douanes algériennes seraient sous-équipées et moins loties que les contrebandiers qui utilisent la ruse et des moyens sophistiqués pour échapper aux contrôles et aux poursuites. Tel est, en substance, le constat fait par les responsables des Douanes au niveau de la wilaya de Constantine lors du Forum organisé, hier samedi, sur les ondes de la radio locale « Cirta FM », sur le thème de la lutte contre la fraude et la contrebande. En effet, MM. Chouar et Bourouba, respectivement directeur régional et représentant de la DG des Douanes, ont, deux heures durant, répondu aux nombreuses questions des représentants locaux de la presse et des auditeurs, sur le rôle et l'action de leurs services, face au développement de ces phénomènes qui arrivent à mettre en échec des dispositifs de lutte et de prévention et portent des coups rudes à l'économie du pays. «Si nos agents utilisent le talkie-walkie pour communiquer entre eux, les contrebandiers, eux, le font à l'aide du téléphone cellulaire 'Thuraya'. Voilà toute la différence !», constatent amèrement ces responsables qui, loin d'avouer leur impuissance devant ce combat de longue haleine qui nécessite la mise en place de techniques et de moyens de grande envergure, estiment que la difficulté de la mission se mesure à la grandeur du territoire de la République et à celle de l'étendue de ses frontières terrestres. Pourtant, à la différence des wilayate qui ont des frontières terrestres avec des pays tiers, comme Tlemcen, Tébessa, par exemple, la circonscription douanière de Constantine qui englobe cinq wilayate (Mila, Biskra, Batna, Skikda et Constantine) ne possède que deux frontières : l'une aérienne et l'autre maritime par lesquelles transitent la plupart des marchandises et des voyageurs. Aussi, les activités des Douanes au niveau de ces wilayate sont concentrées principalement au niveau du port maritime de Skikda et de l'aéroport de Constantine Mohamed Boudiaf. Sur ce registre, le directeur des Douanes de la wilaya à révélé que ses services ont traité, durant l'année passée, 265.675 voyageurs (147.828 départs et 117.847 arrivées). Sur l'autre registre, celui du « contrôle a posteriori », qui constitue le principal domaine d'intervention des Douanes au niveau de la wilaya, l'activité est concentrée principalement au niveau des parcs sous-douanes qui constituent le prolongement des ports et aéroports, et où sont entreposés matériels et marchandises importés. Dans ce cadre, les services des Douanes ont procédé, l'année dernière, à 24 saisies d'une valeur globale de 14.43O millions de centimes, ont reçu 58O dossiers d'investisseurs, établis 5OO procès-verbaux et mis 4 dossiers au contentieux pour fausses déclarations portant sur la nature des marchandises. Le secteur minier est l'autre axe qui commence à accaparer l'attention des services des Douanes parce que, selon les responsables de wilaya, les investisseurs commencent à s'intéresser à ce segment. Cela est corroboré par les statistiques sur les opérations de contrôle (27 entre Constantine et Mila en 2007 contre seulement 3 en 2OO6). Le nombre d'agents agréés, ou concessionnaires en douanes, lui aussi est en constante progression dans la circonscription douanière de Constantine : 115 à Skikda, 27 à Constantine, 27 à Batna et 4 à Biskra. Concernant la contrebande de la drogue, des psychotropes et de la contrefaçon (pièces de rechange automobile, cosmétique, etc.), les responsables douaniers ont révélé que le phénomène à pris des proportions alarmantes tout en indiquant que leurs services connaissent une avancée dans le développement des outils de contrôle, représentés principalement par les scanners et les chiens dressés, qui apportent un concours précieux aux agents des Douanes. Les chiffres de l'année 2007 sont révélateurs à cet égard. Ainsi, durant cet exercice, il a été saisi au port de Skikda 8.257 comprimés de divers Psychotropes comme Rivotril et Kétrazopene et plus de 6O kilogrammes de résine de cannabis. Toutefois, on reconnaît que le phénomène est beaucoup plus difficile à maîtriser compte tenu de l'insuffisance des ressources humaines et du développement des outils de contrôle. « Les contrebandiers ont des moyens que nous ne possédons pas et ils développent ces moyens ainsi que leurs outils de travail, plus vite que nous », reconnaissent les douaniers. Aujourd'hui, ce corps, placé sous la hiérarchie du ministère des Finances, compte 14.OOO agents au niveau de tout le territoire national». Ce n'est rien, feront-ils remarquer, si l'on songe que le corps de la police, lui, compte deux cent mille. Certes avec le concours de recrutement de 6.OOO douaniers qui aura lieu prochainement, on sera 2O.O0O, mais cela restera toujours insuffisant pour couvrir notre immense territoire et contrôler toute l'étendue de nos frontières !». En conclusion, le constat fait au cours de cette émission de deux heures, qui a souffert de la faible participation des auditeurs, est que l'institution douanière, dont l'action est vouée à la défense et la protection de l'économie nationale, reste insuffisamment pourvue en moyens humains et matériels devant le développement constant des phénomènes de la fraude et de la contrebande sous ses diverses facettes. Vu sous un angle réduit à la circonscription régionale de Constantine, le phénomène de la fraude et de la contrebande, lequel se trouve par ailleurs relativement maîtrisé au vu des chiffres présentés par les responsables, ne doit pas être négligé, ont estimé les participants au forum et la lutte doit mobiliser tous les secteurs (douanes, police et gendarmerie dans le cadre des équipes mixtes, la direction du Commerce et la société en général).
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Posté par : sofiane
Ecrit par : A Mallem
Source : www.lequotidien-oran.com