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Le wali mécontent des promoteurs «défaillants»



Le wali mécontent des promoteurs «défaillants»
Le wali de Batna, El-Hocine Mazouz, a bien écouté les doléances des habitants de Hamla 3 sur l'absence de certaines conditions de vie dans cette nouvelle cité.D'une énième visite d'inspection sur le terrain des opérations à Hamla 3 (sud de Batna) à la séance de travail de mise au point tenue dimanche au siège de la wilaya, M. El-Hocine Mazouz, wali de Batna, en aura vu de toutes les couleurs. Les nombreux retards dans la réalisation des projets de logements sociaux participatifs, ont non seulement fait du tort aux autorités locales mais ont désabusé les acquéreurs. Si le programme du social pris en charge par l'Etat a été normalement exécuté, permettant les attributions à des centaines de familles, c'est parce que ? comme l'a déclaré le wali ?, les autorités ont assuré le suivi minutieux du programme public. En revanche, celui du participatif n'a pu être encadré de la sorte, les autorités ayant par trop compté sur la bonne foi (virtuelle) et la célérité des promoteurs immobiliers. Peine perdue puisque ces derniers ont déçu les souscripteurs acquéreurs, prenant à contre-pied tout le monde. C'est la raison pour laquelle le wali est sorti ces derniers temps de son calme habituel et s'en allé en guerre - une démarche tout à fait justifiée - contre tous les promoteurs qui méritent d'être désignés par le vocable d'«entrepreneurs défaillants». Un spécialiste de la construction et de l'habitat trouve logique l'avènement de ce genre d'écart en terme de bricolage des projets participatifs sur le terrain. La raison est selon lui la consistance du programme de l'Etat qui n'a pas reposé sur un socle d'une multitude de véritables entreprises de réalisation, capables d'assurer une réelle prise en charge des exécutions. Il y a absence d'entreprises du BTPH, en nombre et en qualité professionnelle performante, comme l'atteste le recours de l'Etat ces derniers temps à des entreprises étrangères. De plus, la plupart des promoteurs de Batna sont venus à ce métier dans le tas, par précipitation, prenant le train en marche. La course au trésor ou enrichissement rapide étant devenue par la force des choses une véritable malédiction dans ce pays. N'importe qui peut aisément faire du n'importe quoi dans tous les domaines. Une femme de ménage de Batna est députée à l'APN, une illustration frappante et concrète de la médiocrité au pouvoir, phénomène désigné par nos sociologues de pyramide renversée (échelle de valeurs à l'envers). La société et partant l'Etat paie en retour les retombées de ce phénomène de «Men Haba oua Deba». D'où une incapacité morale flagrante pour ces promoteurs défaillants à se conformer aux clauses contractuelles des marchés publics dont celle des délais de réalisation prescrits ou livraison des ouvrages à «temps programmé» initialement. Il est normal donc de trouver à Hamla 3 ? comme partout sur le territoire national d'où la récente circulaire de Sellal - des chantiers du promotionnel en souffrance depuis 2005, 2008 et 2009 et qui risqueraient même de s'éterniser. L'insulte à l'Etat pourvoyeur de marchés publics Ce frein bloquant du développement du parc logement dans la wilaya de Batna cacherait une arnaque des acquéreurs, attendant malgré eux et interminablement le père Noël. Le wali vient de taper du poingt dur la table, prenant résolument à son compte de premier responsable de la wilaya la défense des intérêts des pouvoirs publics et aussi celui des malheureux acquéreurs malmenés tous deux par des promoteurs «incapables» de respecter les délais. Pour le wali, les promoteurs sont tenus de préserver les intérêts des souscripteurs et ne doivent pas oublier que le participatif, bien qu'il soit de caractère privé (vente sur plans), n'en a pas moins été initié par l'Etat. Le wali s'est prononcé également contre les pratiques spéculatives de certains promoteurs qui s'arrogent le droit d'exiger des souscripteurs ? en dehors des contrats passés - des rallonges financières, ce qui est anti-juridique. «Nous avons 1 100 familles qui attendent d'être logées après que des centaines ont pu être prises en charge dans le cadre du social normal», a précisé le wali qui, au passage, a bien fait de blâmer les promoteurs défaillants dont certains étaient absents à la séance de travail de mise au point. Manque de respect vis-à-vis des autorités, donc à l'Etat pourvoyeur de marchés, pareil à ceux qui crachent dans la soupe. En tout état de cause, le wali a menacé les promoteurs de graves sanctions à leur encontre dont le blocage de leurs dossiers auprès de la Caisse nationale du logement (CNL) et le cas échéant le recours ferme et irréversible à la justice. A Hamla 3, de nombreux menus travaux sont encore impératifs compte tenu des doléances exprimées par les citoyens au wali, lequel effectue une visite hebdomadaire sur les lieux où des attributions successives de logements ont été effectuées depuis 2013 et qui vont bientôt se poursuivre. Un gage réussi du maintien de la paix sociale dans cette contrée du pays. Les habitants des nouvelles cités déplorent toutefois le manque de certaines conditions de vie qui vont de l'eau potable à l'électricité en passant par l'absence de commerces (alimentation générale, fruits et légumes, viandes), moyens de transport collectif,etc. Des instructions fermes sont données aux «défaillants» pour rattraper au plus vite tous les retards. Le temps presse comme dans une course à la montre. En gros, il y aurait au moins 914 logements encore «en attente», et le wali a reproché à ces promoteurs «nonchalants, à la limite de l'indifférence» l'absence du nif nationaliste, se contentant surtout d'empocher l'argent de l'Etat sans se soucier du travail bien fait et dans les délais. Pour les finitions, plan de charges d'urgence Pour les menus travaux en attente d'être achevés, signalons ceux de l'eau potable dans les immeubles déjà habités. Un constat a été fait: des entrepreneurs sur place ont eu le culot de procéder clandestinement à des picages non permis par les règles de droit pour s'approvisionner en eau de chantiers. Les citoyens ont signalé des fuites et des malfaçons. Le wali a dénoncé ces pratiques malsaines et exigé que la qualité des matériaux soit conforme aux spécifications des cahiers des charges. Certains habitants ne disposent pas encore de gaz naturel. Le PDG de la SDE (ex-Sonelgaz) a indiqué que le problème est en cours de résolution avec la collaboration de l'OPGI, une équipe du service commercial étant en place et une cellule ad hoc de suivi ayant été constituée. Des travaux de viabilisation doivent être achevés au plus vite. Pour la santé, la polyclinique toute neuve attend d'entrer dans la fonctionnalité. Le DSP Idriss Hadj Khodja a dit au wali que l'APC va s'occuper de la désignation de gardiens des lieux et la DSP de l'affectation de médecins et d'infirmiers. Mais le wali a insisté sur un fonctionnement en H/24 avec disponibilité sur les lieux d'une ambulance d'évacuation sanitaire. En attendant mieux bien sûr. Les marchés ouverts et les commerces n'étant pas encore en service, des solutions du système "D" sont préconisées : Un distributeur privé doit procéder à la livraison chaque soir de 2000 litres de lait en sachets grâce au concours de la laiterie des aurès. Du dépannage algérien mais c'est mieux que rien pour le moment sauf que le ramadhan est pour bientôt. La mise en service des candélabres d'éclairage des boulevards urge et c'est l'APC de Batna qui doit faire vite s'agissant de la passation du contrat d'abonnement auprès de la société de l'électricité et du gaz. La mosquée est presque fin prête mais des travaux restants à terminer à l'intérieur. Le wali promet qu'elle accueillera les fidèles début ramadhan. Le transport public est encore absent d'où la décision de pourvoir Hamla 3 d'un certain nombre de bus pour des liaisons en allez-retours avec la ville de Batna. Si les écoles, CEM et lycées sont prêts à entrer pleinement en fonction, il semble que ce n'est pas encore le cas des activités de jeunesse. Le wali s'inquiète de l'oisiveté juvénile qui va faire ravage en été. Il a instruit le directeur du secteur à ouvrir aux jeunes la piscine semi olympique, aménagée non sans retouches à faire. Le stade de 1500 places, encore à l'état de projet seulement pour retard des études techniques, ne sera pas disponible dans l'immédiat. Le wali a ordonné que des terrains vagues soient aménagés pour permettre aux jeunes de se défouler par le football et qu'un programme varié d'activités juvéniles dit de détente par groupes soit élaboré par la direction de la jeunesse et les sports. Pas de poste pour les habitants de Hamla 3 ni de lignes téléphoniques ni d'internet. Ils doivent attendre mais pour combien de temps ' Côté culture et tourisme, il semble que rien n'a été prévu en la matière. Mais les habitants de Hamla 3 sont convaincus que le wali saura mener à la baguette tous ceux qui ont un rôle à jouer pour compléter le puzzle urbain. En priorité, disent ils, l'ouverture des sections du darak el watani, de la 2 ème sûreté de la police et de la protection civile. Le wali l'a répété avec insistance : Il y a nécessité de stabiliser à terme une population de 60.000 habitants à Hamla 3, 2 et 1 pour gagner le défi d'absorption de l'encombrement auquel est confrontée la ville de Batna. Les autorités de la wilaya de Batna ont pourtant pris les devants pour ne pas tomber dans les défauts et les travers commis à la nouvelle ville Ali mendjeli (Constantine). Mais cela est une autre paire de manche.


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