L'annonce du lancement du championnat de football professionnel à partir
de septembre prochain n'a pas été suivie par l'établissement d'un cahier des
charges clair et défini. On aura remarqué que la FAF a énuméré les conditions
permettant aux clubs de prétendre à un statut professionnel sans pour autant
définir les dispositions ne permettant pas à ces clubs de devenir
professionnels.
A la FAF, on indique que le
championnat de football professionnel sera d'abord lancé et le cahier des
charges sera établi par la suite. Une des premières conditions exigées pour que
le club devienne professionnel consiste en la création d'une société par
actions (SPA) ou société à responsabilité limitée (SARL).
Or, la FAF pourrait se retrouver
avec des dossiers émanant des 36 clubs de la première et deuxième divisions qui
ont la possibilité de créer ainsi leurs sociétés avant le 30 juin, date limite
fixée par la FAF. Il suffit de se présenter chez un notaire avec un capital social
des actionnaires pour que la société soit créée.
La commission qui sera installée
par la Fédération pour étudier les dossiers des clubs avant de leur délivrer
une licence professionnelle risque d'être submergée par les nombreux dossiers
au moment où le président de la FAF a annoncé que 12 à 16 clubs constitueront
le championnat de football professionnel.
Aussi, les amendements apportés
aux règlements des compétitions par le bureau fédéral concernent les clubs de
première et deuxième divisions.
Ces amendements ne font pas
allusion aux clubs professionnels. Si on se réfère à ces amendements, les clubs
de première division ou ceux qui sont plus proches du statut de professionnels
devraient disposer d'un stade d'une capacité de 10.000 places. Cette
disposition risque de pénaliser certaines villes ou régions.
Si on prend le cas de Mostaganem
qui a deux clubs, le WAM et l'ESM, ou Béjaïa avec la JSMB et le MOB, il sera
difficile de trancher. Qui des deux clubs pourrait prétendre au
professionnalisme quand on sait que Mostaganem et Béjaïa, pour ne citer que ces
deux wilayas, ne disposent que d'un seul stade.
Le même problème pourrait aussi
se poser pour l'ES Sétif et l'USM Sétif ou le MSP Batna et le CA Batna. A quel
club les collectivités locales attribueront l'assiette de terrain pour la
construction d'un centre de préparation, de formation et d'un terrain
d'entraînement !
Dans les pays où le
professionnalisme est instauré depuis plusieurs années, il n'est pas permis à
un club d'une ville de moins de 100 000 habitants de prétendre au statut de
professionnel même s'il remplit toutes les conditions. C'est dire qu'un cahier
des charges définissant les conditions d'éligibilité et non éligibilité d'un
club aurait dû être mis en place afin que les conditions de l'instauration du
professionnalisme soient claires dès le départ. Le professionnalisme tel
qu'envisagé en ce moment en Algérie risque d'être dévoyé si un cahier des
charges n'est pas établi au préalable car ce serait mettre la charrue avant les
bÅ“ufs, c'est-à-dire entamer le professionnalisme et définir, chemin faisant,
les conditions de son instauration. Il est vrai que l'Etat a mis tous les
moyens à la disposition des clubs pour la professionnalisation du football en
Algérie, mais il reste que les modalités de l'instauration du professionnalisme
ne sont pas encore clarifiées tant que le cahier des charges n'est pas établi.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : K M
Source : www.lequotidien-oran.com