Après les pressions du Premier ministre lors de sa récente visite dans la wilaya, la restaurationdes lieux a été achevée dans la hâte, avec les anomalies que l'on ne peut imaginer.Les marchés de proximité de la commune de Batna, au nombre de trois, ont été ouverts comme prévu. Celui du centre-ville, Errahba, datant de l'époque coloniale a été fermé durant presque 3 années pour restauration et a nécessité une dépense qui a dépassé les 20 MDA. Sa réouverture, en catimini, a suscité beaucoup de doute chez les marchands comme chez les clients. En effet contrairement aux rituels d'inauguration, cette fois-ci tout s'est passé dans la discrétion et il y avait même de quoi être discret. Du faux plafond destiné généralement aux bureaux des administrations, un détail qui n'a échappé à personne.
«Nous n'avons jamais vu ce type de faux plafond dans les marchés», nous ont répété plusieurs marchands rencontrés sur place. Le carrelage a été refait mais les occupants des lieux étaient unanimes à soutenir que l'ancien carrelage était dix fois mieux et dix fois propre. En effet, les carreaux utilisés pour recouvrir le sol sont incompatibles sur tous les plans, lisses, donc glissants, couleur claire, donc salissants et mal installés puisque certains sont déjà décollés. Les escaliers qui mènent vers l'étage supérieur n'ont pas été refaits et la plupart des commerçants croient dur comme fer qu'ils ont été facturés.
La réouverture s'est faite dans la précipitation, selon un vendeur d'épices. «C'est la pression du Premier ministre qui les a contraints à rouvrir le marché», dit-on. Il insiste pour nous montrer toutes les anomalies. Il commence par nous parler de l'eau : «Connaissez vous des marchés couverts qui ne sont pas alimentés en eau '», et de répondre : «De ma vie, je n'ai jamais vu ça !» Il nous montre un robinet à l'entrée d'une échoppe d'épices fixé à 50 cm du sol et sans bassin ni lavabo. A côté, une gouttière complètement obstruée n'a été ni débouchée ni changée. L'étage supérieur destiné à la boucherie présente d'autres problèmes encore plus graves : des baies vitrées qui empêchent l'air de circuler. Les bouchers n'arrivent pas à s'expliquer cette idée saugrenue de concevoir des baies vitrées pour un marché de fruits et légumes ! «Ils confondent entre un marché et une serre», ironise l'un des bouchers.
En effet, même si les autorités, en réaction aux remarques des bénéficiaires, ont réagi et ont enlevé quelques vitres, c'est une véritable serre. Autre anomalie et qui n'est pas des moindres : l'électricité. Ceux qui se sont installés parasitent les marchands riverains du marché. Un enchevêtrement de fils qui devient menaçant et qui risque de provoquer des incendies. Les toilettes, fermées on ne sait pour quelle raison. Aucun gardien n'a été affecté et ce sont les commerçants eux-mêmes qui ouvrent et ferment le portail.
Pour le nettoyage, aucune personne n'y a été affectée. Par ailleurs, l'entrée principale est occupée par un marchand de persil qui, selon les témoignages, est en possession d'une autorisation. En fin de compte, la montagne aura accouché d'une souris, puisque les abords du marché sont toujours occupés par des revendeurs à la sauvette et les marchands ne sont pas du tout satisfaits du travail bâclé qui a été entrepris et n'a fait que causer des dépenses et mis des gens au chômage pendant plus de 2 ans.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com