Alors que le développement touristique nécessite une véritable révolution, nous n'en sommes qu'à la paperasse !
« (') il est difficile de concilier le bain de soleil et la marche à pied, d'accorder le botaniste et le grimpeur, le photographe passionné et l'acheteur des souvenirs'Les intérêts des Aurès sont multiples: paléontologique, archéologique, botanique, géologie, sociologie'mais il faut que les 'passions' des uns et des autres puissent se conjuguer et se compléter pour le bonheur de tous». Cet extrait tiré du guide «En flânant dans les Aurès», réalisé par Philippe Thiriez, en dit long sur le caractère incontestablement touristique de la wilaya. Les autorités locales sont, elles aussi, convaincues du potentiel touristique de Batna. Hélas, cette conviction n'est pas traduite sur le terrain et le tourisme se perd derrière d'autres priorités, à l'image de projets industriels dont l'apport demeure insignifiant pour l'économie de la région.
Alors que le développement touristique nécessite une véritable révolution, nous n'en sommes qu'à la paperasse ! Du côté de la direction du tourisme on parle encore du bureau d'étude qui doit rendre compte de l'aménagement des zones destinées à cet effet: «Parmi six zones d'extension touristiques (ZET) proposées, seulement quatre ont été retenues: N'gaous, Ghoufi, Arris et Tazoult», nous a déclaré Abdeslam Mansour, directeur de wilaya du tourisme et de l'artisanat. Concernant les structures d'accueil, les chiffres restent inchangés et loin de répondre à la demande, tant sur le plan de la qualité que sur le plan de la quantité: 15 hôtels pour 730 lits. Les projets de six hôtels programmés et attribués à des investisseurs privés voilà une année, ne voient toujours pas le jour. Relevant d'ambitions indépendantes, ce type d'investissement ne serait pas soumis aux injonctions des institutions quant aux délais, selon la direction du tourisme. «Les retards sont généralement dus soit à des problèmes de financement soit au rythme de la réalisation tant les promoteurs ne semblent pas pressés», ajoute encore M. Mansour. Par ailleurs, ce sont des attitudes purement bureaucratiques, à en croire les déclarations de Mohamed Mahdi Hazem, propriétaire de l'hôtel portant le même nom.
«Voilà trois ans que j'ai engagé une opération d'extension de mon hôtel et je suis toujours dans l'attente d'une réponse à ma demande qui est coincée entre la daïra et la DUC», nous a-t-il avoué, non sans amertume. Mohamed Sahraoui, chef de daïra, déclare pour sa part que «le projet en question a été rejeté par la commission de daïra, car il ne répondait pas aux normes exigées. Construire un immeuble de 7 étages dans un quartier résidentiel n'est pas conforme à la réglementation». Or M. Hazem déclare qu'il a renouvelé sa demande après avoir réduit le projet à quatre étages seulement. En attendant que les commissions siègent, étudient, décortiquent les demandes, ensuite les recours dans un effet de yoyo, les saisons passent et trépassent. Que d'emplois, que de richesses que de rendements ratés !
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Gribissa
Source : www.elwatan.com