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La Présidence prétexte le «processus de réformes»



La Présidence prétexte le «processus de réformes»
«Le DRS relève d'un organigramme en place depuis un quart de siècle», estime la présidence de la République.Il aura fallu atteindre le stade terminal, quasi irréversible, de pourrissement dommageable à l'Algérie et à son image, pour que la présidence de la République communique (enfin) sur les déstructurations/restructurations opérées dans le corps des Services de renseignement algériens, le DRS. C'est en effet la première fois que la présidence de la République tente une explication du démantèlement méthodique, effeuillage des pouvoirs et arsenaux de l'appareil gigogne du renseignement ? et son pendant, la police politique ? et justifiant les limogeages, mises à la retraite ou à l'écart d'officieux généraux au sein et à la tête du Département du renseignement et de la sécurité.C'est par le biais d'un énigmatique «communiqué officiel» ? document matériellement inexistant sauf pour l'APS, l'agence de presse officielle, la seule à l'avoir vu et à en reproduire, jeudi dernier, des extraits ? , que la Présidence ose un tardif «éclaircissement». Une mise en lumière intervenant après des mois, des années de silence radio, de guerre larvée, de rumeurs toxiques distillées par presse et médias électroniques interposés. Le paroxysme est atteint avec la désormais «affaire Rebrab» illustrant parfaitement le degré de décomposition avancé des pouvoirs régaliens de l'Etat.Exit les luttes des clans, le jeu et le diktat des puissances étrangères, ou l'idéal «saadanien» d'édification d'un «Etat civil», rien de tout cela. La source «présidentielle» ? citée par l'APS ? argue d'une explication toute simple (ou simpliste) aux dites déstructurations/restructurations dictées par la nécessité de mettre à jour une organisation devenue obsolète car vieille de 25 ans (durée du règne du général Toufik à la tête du DRS) et qui viseraient à améliorer le rendement des Services.«Ces changements et ces réorganisations (au niveau du DRS), rappelle la Présidence, portent sur un organigramme en place depuis un quart de siècle déjà, et ont pour objectifs de renforcer la capacité et l'efficacité des Services de renseignement du pays et de les adapter aussi aux mutations politiques nationales.» La Présidence arrime volontairement «ces changements et réorganisations» au processus dit de réformes politiques promis par Abdelaziz Bouteflika dans la foulée du Printemps arabe fatal à nombre d'autocrates.Pour les locataires du palais d'El Mouradia, le démantèlement des services du général Toufik intervient «dans le contexte d'un large mouvement de réformes sécuritaires et politiques, mis en route en 2011 avec la levée de l'état d'urgence et la mise en chantier de plusieurs lois à portée politique». Ces «réformes, précise la présidence de la République, ont également concerné, chaque fois que nécessaire, les institutions chargées de la préservation de la sécurité, à l'image du (?) DRS». L'épilogue de ces «réformes» ? décriées par la classe politique pour avoir donné un nouveau tour de vis autoritaire ? n'en sera que plus heureux, professe la Présidence : Ce «processus (?) sera couronné prochainement par un projet de révision constitutionnelle».Après avoir crucifié «l'Etat-DRS», embastillé certains de ses généraux et castré ses colonels privés de dessert dans les ministères et administrations, la Présidence rend un hommage «posthume» au Département du renseignement et de la sécurité qui a «concouru, selon elle, avec abnégation à la sauvegarde de l'Etat», a assumé des «missions d'intérêt national majeur» et qui, en sus, «recèle des ressources humaines aux compétences avérées». Allusion faite, sans doute, au mythe de «l'irremplaçable» général Toufik, présentement battu en brèche vu l'écurie assez bien fournie en compétences.Pour rappel, le 3 février 2014, Amar Saadani, agissant en porte-parole officieux du président Bouteflika et du commandement de l'armée, avait mené une violente charge contre le commandant du DRS (entretien à TSA) accusé d'avoir «multiplié les échecs», et ses «colonels» d'avoir confisqué et pris en otage l'Etat. Florilège d'accusations : «Ce département, disait la voix de son maître, interfère dans le travail de la justice, des médias et des partis politiques» ; «le DRS a failli dans la protection et la sécurité du président Mohamed Boudiaf.Il n'a pas su protéger Benhamouda, ni les moines de Tibhirine, ni les bases de pétrole dans le Sud, ni les employés des Nations unies en Algérie, ni le Palais du gouvernement» ; «cette direction n'a pas su bien protéger le président Bouteflika à Batna où il avait été la cible d'une tentative d'assassinat». «Les agents de ce département sont partout : dans les APC, à la Présidence, au sein des partis politiques?»


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