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La magie des mots et des images



La magie des mots et des images
Une ambiance des grands jours a régné lors du passage des deux spectacles « Aouil ezzamen el mahzoum » et « Tixelwit n'citan » où les comédiens de l'association du cinéma et du théâtre de Laghouat et Artis de Béjaia ont su imprimer un style personnel et très atypique. D'emblée, ils ont séduit les initiés et les non initiés. Durant toute la représentation,, chacun a essay de se surpasser. Des moments d'un incroyable bonheur. Ce théâtre profond exprime toutes les sensations et les mordus du 4e art ont été merveilleusement gâtés par ces créations plaisantes. Elles furent adorables, notamment celle des Bejaouis. L'ambiance est détendue mais le critique Hadj Miliani notera « quelques omissions techniques ». « Aouil ezzamen el mahzoum », drame écrit par Smaïl Khalef et mis en scène par Rahmoun Ibrahim retrace, durant une heure, les souvenirs d'un groupe de morts qui se rencontrent au barzakh ou ailleurs dans une époque intemporelle. Ils passent au peigne fin les étapes de leurs vies, tentent d'effacer leurs erreurs, mais vainement. Le metteur en scène mêle le réel et l'irréel, un théâtre qui sied au genre de l'abstrait. Cette ?uvre est d'une intensité dramatique et d'une force poétique infinie. Sur un ton plus sombre, l'équipe de Rahmoun Ibrahim évoque la vie dans toutes ses dimensions. Sujets sensibles dans la société algérienne, ces thèmes sont abordés plus par le jeu et le langage. Les évènements se succèdent, s'accélèrent, s'enchevêtrent mais ne se ressemblent pas. Les comédiens Walid Bensada, Miloud Benhamza, Balghit Mohamed Fouad, Ali Bengasmia et Aljia Bouhali ont offert, grâce à leurs talentueuses prestations, un agréable et remarquable spectacle.Univers onirique« Tixelwit n'citan », texte de Kamel Dahmani, inspiré du « Cabinet noir » de Meddour, est l'histoire de six hommes dissemblables que tout sépare et rien ne rassemble, à part un seul et unique litige. « l'un de l'autre en pensées et en visions, chacun aperçoit et croit à la vie à samanière. Il y a celui qui croit en la force, au savoir, en la foi spirituelle, qui n'a la foi qu'à l'action salutaire, qui croit à tout à cause de sa mémoire qui le trahit, et le dernier qui ne croit en rien. Une seule chose les associe, c'est la lutte acharnée pour une machine à écrire. Ne prenant pas conscience de sa panne jusqu'au moment du vol de sa carte mémoire. Chacun veut imposer sa manière de la réparer sans écouter l'idée de l'autre, créant ainsi une anarchie qui en dit long sur la nature du conflit jusqu'à la retrouvaille de la carte mémoire. De fil en aiguille, ces personnages découvrent, consternés, que le véritable problème est en eux et non dans la machine. N'arrivant pas à se mettre d'accord, la machine n'est finalement pas réparée. L'histoire tourne dans le vide. C'est l'éternel recommencement. Cette association a décroché plusieurs prix, comme le prix du meilleur texte à la journée nationale du théâtre à Amizour, prix du public, meilleure interprétation masculine du deuxième rôle, participation au festival culturel national du théâtre amazigh à Batna. Un beau texte, remarquablement servi par une mise en scène fascinante. La partition textuelle est subtile et intelligente. Des talents, coordonnés de main de maître par le metteur en scène Kamel Dahmani, composent une féérie captivante. La musique est également surprenante. On retiendra la remarquable participation d'Abbas Rafik, Benabbas Hamou, Bouiche Saou, Dahmani Kamel, Lalaou Mabrouk, Khirdine Braham. Même si la pièce est jouée en langue amazighe, elle acquiert une dimension visuelle très forte. On peut donc aussi choisir de plonger tout simplement dans cet univers onirique.


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