Batna - Revue de Presse

La grève de l'ENS se poursuit



Au 3e jour de la grève, les étudiants de l'Ecole nationale supérieure (ENS) spécialisée dans les filières lettres et sciences humaines, qui rayonne sur 23 wilayas de l'est algérien auxquelles est venue se greffer celle d'Oran, semblent décidés, plus que jamais, à aller jusqu'au bout de leurs revendications. Un débrayage pur et dur répondant au slogan «une année blanche plutôt qu'un diplôme blanc». Rassemblés dans l'enceinte même de l'ENS, garnie de banderoles géantes, les grévistes, dans une discipline exempte de tout reproche, de l'aveu même du directeur, tentent de faire entendre leur voix. Pour mettre en exergue leur désir de ne pas céder un pouce de leurs revendications, les étudiants ont décidé de faire l'impasse sur les cours, les TD, les examens et pour mieux montrer leur détermination, ils sont montés d'un cran allant jusqu'à boycotter les repas. Les délégués représentant le comité pédagogique, toutes promotions confondues, ont résumé en 6 points la plate-forme de leurs revendications. La classification des cadres de l'ENS dans la nouvelle grille des salaires où ils estiment être lésés, le non-respect par les directions de l'Education nationale des wilayas de Biskra, Batna, Msila et Mila du contrat stipulant la priorité qui leur est accordée dans le pourvoi en postes budgétaires, le rejet de leur demande d'accès à la post-graduation par les universités, malgré le décret ministériel n°90 du 12 avril 2003, l'obligation faite aux étudiants de la promotion 2006/2007 (PEF Bac 4ans) d'accepter, sans conditions, leur lieu d'affectation quelle que soit la wilaya, la rémunération durant la période de stage. Les délégués refusent l'idée d'avoir le même statut que les étudiants formés par l'université. «Nous avons un bac avec mention, notre admission à l'ENS exige une moyenne supérieure à 14/20, alors que l'accès à l'institut de médecine s'est limité à 12,70 de moyenne, nous ne pouvons pas accepter d'être concurrencés par des étudiants ayant à peine 10 de moyenne», déclare un étudiant. «J'ai un Bac sciences avec 14,20 de moyenne, si j'ai laissé tomber l'idée de faire médecine c'est parce que j'ai cédé à la tentation de faire une formation me garantissant un poste en fin de parcours», ajoute Mokhtar, un étudiant de 2e année. «Nous accédons à l'ENS avec concours et la direction de l'Education nous impose encore le concours pour le recrutement au même titre que les licenciés formés à l'université alors que le contrat signé en 1ère année nous exempte de cet examen de par notre statut de prioritaire», se plaint une étudiante. «Notre formation est très sévère et exige de nous d'énormes sacrifices. En fin de formation, au lieu d'être limités à l'élaboration du mémoire seulement comme c'est le cas à l'université, nous sommes astreints à 7 heures de cours par jour, 10 modules, un mémoire, un rapport de stage et des exposés, tout cela pour avoir le même statut que les cadres formés par les universités», ajoute un étudiant en fin de cycle. Un autre étudiant dira «nous avons le cas d'une collègue PES d'anglais qui a été recrutée en qualité de PES de français mais qui s'est vu refuser le CAPES par son inspecteur puisque ne répondant pas au profil exigé par le poste». M. Reghioua, directeur de l'ENS dit ne pas comprendre la réaction des étudiants. Dans sa rencontre avec les délégués des comités pédagogiques, il apportera des précisions. S'agissant de la classification des PES et des PEF, le directeur se dit étonné de voir figurer cette revendication dans la plate-forme «vous êtes encore étudiants et ce n'est pas à vous de défendre ce point mais bien aux fonctionnaires en poste, ajoutons à cela que selon la nouvelle grille, le PES est passé de l'indice 452 à l'indice 578 ce qui n'est pas négligeable alors que le PEF est passé de 424 à 498, cela prouve que vous existez sur la nouvelle grille des salaire». Quant à l'inscription en post-graduation, le même responsable dira «jusqu'à preuve du contraire tous les cadres de l'ENS ayant émis le voeu de s'y inscrire le sont et je défie quiconque de me donner un seul cas d'étudiant n'ayant pu accéder à ce concours». Même remarque pour le recrutement, ajoute M. Reghioua, «nous avons intervenu pour régler tous les problèmes de recrutement rencontrés par les cadres de l'ENS bien que cela ne rentre pas dans nos prérogatives et jusqu'à aujourd'hui nous ne sommes au courant d'aucun rejet de dossier par les directions de l'Education». S'adressant aux délégués, il ajoute «à vous de me signaler des cas s'il en existe et nous nous chargerons de les régler. Quant aux affectations, elles se font selon les besoins formulés par les directions de wilaya et nous faisons des propositions aux élèves des promotions sortantes qui décident par eux-mêmes. Pour la promotion 2006/2007, les prévisions pour 2010 et 2011 font état d'aucun poste disponible et de ce fait la promotion sera mise à la disposition d'Alger qui se chargera de les ventiler sur les différentes wilayas qui en expriment le besoin».
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