
La fièvre électorale ne s'est pas encore emparée des habitants des Aurès que, çà et là, des réunions organisées autour d'un 'couscous' à travers les mechtas entre familles pour ne pas dire tribus, font le plein. Sur les quarante listes déposées figurent quatorze, celles des indépendants et vingt-six partis politiques dont les nouveaux, comme le Front de la justice et du développement (FJD) d'Abdallah Djaballah ou encore El Karama de Benhamou Mohamed qui mise, dit-on, sur des figures de proue tribales. Il faut noter, à cet effet, que les indépendants comptent sur leur notoriété d'abord et leurs tribus ensuite. L'ex-député FLN, Chefaâ Abbes, le maire de Tazoult Moussa Fellah, Ali Abdesselem, le SG de la daïra de Batna ou encore Abdellatif Chikhi disposent, semble-t-il, d'une base électorale non négligeable. Récolter 5 600 signatures n'est pas une sinécure. Sans connaître les têtes de liste des 26 partis politiques ou au moins les cinq premiers, nous pouvons d'ores et déjà avoir une approche du terrain. Tout d'abord les députés qui se sont succédé, ces dernières années, de l'avis de tous, n'ont rien apporté à la wilaya sauf placer leur progéniture sur orbite. Et ce sont ceux-là justement qui ont usé et abusé du nationalisme, du sentimentalisme, de la démagogie' Que leur reste-t-il comme carte à jouer cette fois-ci ' Il reste bien sûr celle de la tribu qui cache mal le caractère opportuniste de la démarche, mais hélas, c'est l'atout majeur. Batna dispose de 16 sièges à la chambre basse que se disputent 17 tribus représentatives (le nombre est plus important). Même avec le nombre restreint de listes indépendantes et les 26 partis en lice auxquels il faut ajouter probablement les partis de Menasra et de Belaïd, le partage ne sera que querelleur. C'est dire que la bataille des Aurès s'annonce difficile. Tout se joue sur la finalisation des listes qui se basent sur l'information, la discrétion, mais aussi sur 'la chekara'. Il y a des tribus qui risquent la déchirure, si deux ou trois partis placent leurs enfants en tête de liste. Le nom aussi de la tête de liste demeure influent. Aujourd'hui, seules les listes indépendantes de par les noms de leurs initiateurs donnent une certaine direction aux partis, mais peut-on être sûr qu'ils iront jusqu'au bout. Certains lièvres joueront-ils le jeu ' Pour revenir aux partis traditionnels, le RND semble le plus serein, surtout que les consignes d'Ahmed Ouyahia, lors du dernier regroupement à la maison de la culture de Batna, ont été claires. Le FLN divisé plus que jamais, avec le départ de Chafaâ et bien d'autres et la crainte de l'entrée en lice de Belaïd, parviendra-t-il à tenir sa place de leader dans les Aurès ' Personne n'y croit. Quant au MSP et sa coalition islamiste, il ne fera pas long feu surtout si le parti d'Abdelmadjid Menasra entre en lice. À Batna, la bataille sera rude. Cette fois-ci, les cheikhs des tribus séviront surtout que les moudjahidine, les enfants de chouhada et les enfants de moudjahidine ont lâché le FLN. La preuve en est que la commission de wilaya de surveillance des élections est revenue à un militant du FFS, en l'occurrence Rédha Tibermacine.
M H
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed HOUADEF
Source : www.liberte-algerie.com