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KARIM MEZIANI, PLASTICIEN, à Liberté 'Nous vivons une époque très visuelle'



KARIM MEZIANI, PLASTICIEN, à Liberté                                    'Nous vivons une époque très visuelle'
Cet artiste s'est installé à Nice (sud de la France), au début de l'année 1976, pour voir d'autres cieux. De passage dans sa ville natale, Batna où il a fait ses débuts, il nous a relaté les raisons de son départ, et expliqué sa conception de l'art.
Liberté : Partir c'est mourir un peu'
Karim Meziani : Pas du tout. C'est plutôt revivre, respirer, connaître et profiter pour aimer. Quand j'ai senti que je n'avais pas un espace d'expression, j'ai décidé de partir. Pas comme on part à la recherche de l'or mais à la recherche du savoir et de l'épanouissement. Je voulais aussi comprendre. Certes, j'ai fait mes débuts, ici à Batna, où j'avais exposé à la galerie Issiakhem. Je crois qu'à l'époque j'étais le plus jeune artiste de l'Unap, mais j'avais d'autres besoins que les rendez-vous officiels et occasionnels alors je suis parti, pour voir ce qui se passe ailleurs.
As-tu trouvé ce que tu cherchais '
Trouver ce n'est peut-être pas le terme exact. Comprendre, comme je te le disais. Oui, j'ai compris pas mal de chose, dont certaines sont très importantes, comme la passion. L'art n'a jamais été un métier, c'est une passion. Mais dès qu'il est officiel, il meurt. Hélas, j'ai l'impression que chez nous, nous sommes retournés aux années 1970.
Un jugement sévère. Qu'est-ce qui te fait dire ça '
J'observe ! Quelle est la part de l'art dans le quotidien ' Quelle est sa place dans le programme scolaire ' Avec un peu d'honnêteté, nous dirons que ça avoisine le zéro. Par exemple, combien donne-t-on à un chanteur, lors des soirées organisées çà et là à travers le pays et combien touche un artiste peintre, sculpteur ou autres, lors d'une exposition ' Il y a un gouffre'On appelle cela le degré de considération.
Tu parles en tant qu'artiste '
Oui et je me considère comme tel. Ce n'est pas parce que je suis plasticien que je dois rester coincer dans ce que je fais ; au contraire je ne vis que de partage, d'échange. Je transmets à l'autre une part de moi-même et je le fais en faisant appel à ma sensibilité à ma créativité.
Chaque 'uvre est nouvelle et unique. Il y a dedans une part de mon histoire, mon origine, mon identité. Mon art, je le vis. De nos jours, aussi bien l'homme que son 'uvre, doivent avoir un encrage, et une grande part d'universalité. L'art est universel sinon c'est le repli et la mort.
Tu es 'taxé' d'exigeant'
Je ne m'en cache pas. Je suis disponible, je veux bien faire quelque chose, mais ma première condition est de le faire correctement sinon m'abstenir. J'accorde une grande importance à l'image, mais j'ai l'impression, qu'en Algérie, c'est le dernier des soucis, ce qui affecte notre image. Nous vivons une époque très visuelle, si nous renvoyons une image négative, peu ou pas soignée, les retombés seront dramatiques. Pourtant, cela ne demande rien d'extraordinaire, sauf un travail soigné et une présence. Le voyage est ma source d'inspiration, la lecture aussi. Dans les pays que j'ai visités et où j'ai exposé, les gens ont une culture artistique ; ils lisent beaucoup et sont enrichissants, intéressants. Le livre (la lecture) est omniprésent. Or chez nous, j'ai constaté qu'on regardait beaucoup trop la télévision qui nous installe dans une passiveté mortelle. L'art et la lecture, sont les leviers qui permettent le savoir à tous. La thérapie de la lecture est féconde partout dans le monde, pourquoi pas chez nous '
R. H.
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