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Inquiétantes désertions scolaires à Taxlent Batna



«A Taxlent, les élèves du CEM désertent les bancs des classes en masse». C'est la déclaration faite par le chef de daïra lors de la réunion du conseil exécutif de la wilaya tenue jeudi et relative aux préparatifs de la rentrée scolaire 2012/2013.
La première cause de ces désertions massives est due à la pauvreté accrue, selon les témoignages que nous avons pu recueillir au chef-lieu de Taxlent. C'est la misère et les conditions de vie difficiles qui poussent les élèves à arrêter leurs études, car «ventre creux n'a pas d'oreille», comme disent les gens d'ici.
La plupart de nos interlocuteurs expliquent que les concernés, les garçons en particulier, abandonnent leur scolarité pour aller gagner de l'argent. Par ailleurs, la surcharge des classes, comme en témoigne le chef de daïra, a favorisé cette désertion, surtout que la plupart des élèves sont livrés à eux-mêmes et n'ont personne pour leur conseiller de ne pas interrompre leurs études.
La pauvreté n'est pas la seule raison à l'origine de ce phénomène, il y a aussi un problème de sécurité dont pâtissent en particulier les filles.
«Certains parents ont peur pour la sécurité de leurs filles. Ils les arrêtent de peur qu'elles ne soient agressées». Un motif loin pourtant de faire l'unanimité, car les 16 localités qui forment la commune de Taxlent sont de la même tribu, les Ouled Soltane.
Faute de statistiques, le nombre de collégiens et collégiennes qui ont quitté le collège l'année dernière reste inconnu. Mais un professeur du CEM de Taxlent n'a pas caché que le nombre de désertions, surtout chez les filles, est en train de battre des records. «Un record jamais atteint dans l'histoire de l'enseignement de Taxlent», nous confie-t-il. Des habitants avec qui nous ont discuté nous ont affirmé que toutes les familles sont convaincues de l'utilité de scolariser leurs enfants. «Je ne pense pas qu'il y ait des parents qui contraignent leurs enfants à abandonner les études pour les faire travailler dans les champs. Sincèrement, non !
Je ne pense pas. Peut-être à cause des aléas climatiques, de l'insécurité, de la pauvreté», nous a confié un cadre de la commune qui a voulu garder l'anonymat.
Des témoignages recueillis ici et là, il ressort que les filles restent les plus touchées par ces abandons. «Après la 5e ou la 6e année, des filles sont contraintes de rester à la maison pour aider leur mère dans les travaux ménagers' Une tradition qui n'a pas évolué chez nous. Il est très rare par ailleurs que celles qui ont échoué reprennent le chemin de l'école.
Les parents bloquent les études de leurs filles et profitent par la même occasion pour les garder à la maison en attendant un potentiel prétendant», nous confie un employé de la bibliothèque principale de Taxlent. La construction d'un internat afin qu'elles ne fassent plus de va-et-vient incessants serait la solution adéquate.
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