Batna - A la une

«Ils doivent être prescrits à travers des réunions de concertation pluridisciplinaires»



Le professeur Mourad Abid, chef de service de chirurgie au centre anti cancer de Batna, estime que les médicaments innovants contre le cancer doivent être prescrits à travers des réunions de concertation pluridisciplinaires. Ceci éviterait des prescriptions à tort et à travers. Par ailleurs, le professeur qui dit que l'Etat a mis en place des moyens colossaux pour la prise en charge du cancer, reconnaît que les résultats ne sont pas à la hauteur de ces moyens.Salima Akkouche - Alger (Le Soir) - Le professeur Abid qui intervenait hier sur les ondes de la radio Chaîne 3 a indiqué que les dépenses en matière d'acquisition des nouvelles thérapies pour la prise en charge du cancer sont énormes.
En effet, les médicaments innovants coûteront entre 5 000 à 20 000 euros par patient et par an. Il faudra donc propose le professeur, d'utiliser ces médicaments à bon escient. «La dépense est énorme, je dis oui pour ces médicaments, mais il faut qu'ils soient prescrits à travers des réunions de concertation pluridisciplinaires, parce que nous avons vu des patients qui ont reçu des thérapies ciblées pour des lésions qui n'étaient pas des métastases, parce qu'il n'y pas eu d'évaluation par un radiologue au niveau d'une réunion entre chirurgien, radiologue et oncologue et le traitement a été donné uniquement sur la base d'une lecture directe du compte rendu d'un radiologue, ce n'est pas normal, notamment sur un médicament qui peut donner des effets secondaires», a expliqué le chef de service du CAC de Batna.
Par ailleurs, évoquant le plan cancer qui a atteint 70% de ses objectifs, selon son coordonnateur, le professeur Abid a soutenu que des moyens considérables ont été alloués par l'état, en termes de médicaments, de mise en place de centres anti cancer et de radiothérapie.
«Nous avons des moyens colossaux et des équipements de très haut niveau», dit-il. «Néanmoins, les résultats, en terme de morbidité de prise en charge, ne sont pas à la hauteur de ces moyens, on est complètement désorganisés dans la façon de prise en charge du cancer» reconnaît l'invité de la rédaction. Ce dernier estime qu'il y a un manque de coordination aussi entre les CAC. Comment ' L'intervenant explique qu'au moment, par exemple, où les rendez-vous pour une radiothérapie, pour le cancer du rectum, étaient fixés à deux semaines à Batna, à Alger, ils étaient de six mois.
Le dossier informatique des malades qui tarde à voir le jour, dit-il, aurait pu remédier à ces situations. Selon ce professeur, l'augmentation des cas de cancer est un phénomène mondial et l'Algérie, qui est en train d'avoir le même mode alimentaire des pays occidentaux, aboutira à cette augmentation.
Actuellement, l'Algérie enregistre 50 000 nouveaux cas de cancer et 20 000 décès liés à cette maladie.
Selon les estimations pour 2020, le nombre de cas variera entre 65 000 et 70 000 malades.
S. A.
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