
Face à la crise que subit l'université Hadj Lakhdar de Batna, le recteur Tahar Benabida affiché sa stratégie lors d'une conférence de presse, tenue mercredi dernier au centre de recherche scientifique (ex Mouhafadha), en présence des hauts responsables de l'université.En effet, le recteur n'a pas hésité à faire un rappel chronologique des faits, depuis sa désignation à ce poste jusqu'aux derniers évènements qui ont paralysé l'université, avec les commentaires, souvent incisifs et autoritaires, qui s'imposent. Pour rappel, plusieurs sites universitaires sont restés bloqués, il y a plus d'une semaine, pendant trois jours par une poignée d'étudiants, avant que la masse des étudiants ne réagisse et force le passage. Une commission ministérielle a été dépêchée à Batna.Selon Tahar Benabid, l'impunité et le laxisme sont les deux mots qui expliquent l'état actuel des choses. Les membres du groupuscule, comme l'a affirmé le recteur, ont, pour la plupart, plusieurs sanctions de l'université et même des condamnations de justice, mais ont été systématiquement «pardonnés» par l'administration. L'ancien président de l'UNJA, Abdelmalek Rouichi, désigné comme étant l'un des leaders de ce groupuscule, en est l'exemple. Son casier judiciaire, qui a été lu par le recteur, fait état d'impressionnantes condamnations.Cumulées, ce sont plusieurs années de prison que devrait purger le concerné. «Comment se fait-il qu'il soit toujours en liberté et qu'il terrorise l'université à coup d'arme blanche, alors qu'il n'est plus étudiant'» s'est interrogé M. Benabid, avant d'ajouter plus loin que «quelques uns de ces anciens étudiants ont derrière eux des politiciens, de l'argent, des intérêts et d'autres choses».Confronté aux constats et aux questions des journalistes, notamment d'El Watan, Tahar Benabid a assumé la réalité des faits, puisqu'il a affirmé que «Ce qui nous arrive c'est d'abord et avant tout de notre faute», faisant allusion au mode de gestion passé et à la complaisance de quelques responsables de l'université.Et d'ajouter en paraphrasant Ibn Khaldoun «les peuples épousent la religion de leur roi. Si les responsables avaient adopté une certaine démarche, le reste aurait suivi. Les enseignants aussi doivent prendre leurs responsabilités. Ils sont la clé du changement.Ils ont malheureusement cédé leurs prérogatives à l'administration!».Et c'est cette «certaine démarche» que le recteur compte imposer. «A mon arrivée, il y avait des familiarités, des embrassades, de la complaisance.J'ai tout arrêté. Les associations estudiantines ne défilent pas dans mon bureau. C'est naturel de me faire des ennemis», a-t-il lancé avant d'adresser un message direct à ses détracteurs «Je dis à ceux qui me désignent comme mauvais gestionnaire que je suis fier de l'être selon leurs critères.Tant que l'université sera dans une mauvaise passe, je ferai tout pour la redresser. Je ne partirai que lorsqu'elle sera en meilleur état». Les nouvelles méthodes du recteur font certes face à beaucoup de résistances au sein de la communauté universitaire, mais les premiers résultats sont là. L'université de Batna est passée de la 8ème place à la 4ème au niveau national et aspire, dans l'avenir proche, à concurrencer les meilleures universités d'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Sami Methni
Source : www.elwatan.com